RDC: deux gouverneurs issus du camp kabiliste élus au Nord-Kivu et au Mai-Ndombe

RDC: deux gouverneurs issus du camp kabiliste élus au Nord-Kivu et au Mai-Ndombe

Deux gouverneurs issus du Front commun pour le Congo (FCC, la vaste coalition de l’ancien président congolais Joseph Kabila) ont été élus à la tête des provinces du Nord-Kivu (est de la République démocratique du Congo) et du Mai-Ndombe (ouest), renforçant encore l’emprise du camp kabiliste sur la vie politique, rapporte vendredi la presse kinoise. Les élections gouvernorales au second degré (par les assemblées provinciales) s’y sont déroulées jeudi, organisées par la décriée Commission électorale nationale indépendante (Ceni), alors qu’elles ont déjà eu lieu dans 23 des 26 autres provinces de la RDC.

Seule une province, celle du Sankuru (centre), n’a pas encore désigné son gouverneur, à la suite d’un imbroglio politico-électoral impliquant un cacique de l’ancien régime congolais, l’ancien ministre de la Communication et des Médias, Lambert Mende Omalanga, mis en cause dans une rocambolesque affaire de recel d’un diamant de 87 carats issu de l’exploitation artisanale.

Au Nord-Kivu et au Mai-Ndombe, les scrutins ont fini par se tenir le jeudi 30 mai après plusieurs reports. Ces provinces ont été touchées respectivement par une épidémie d’Ebola et des tueries de civils, par une soudaine éruption de violences communautaires qui ont fait, selon l’ONU, au moins 535 morts en deux jours à la mi-décembre, à l’approche des élections générales du 30 décembre.

Au Nord-Kivu, une province riche en minerais peuplée de quelque sept millions d’habitants et en proie à des troubles sanglants depuis plus de 25 ans, c’est le candidat du FCC, Carly Nzanzu Kasivita, qui a été élu gouverneur par l’assemblée provinciale siégeant à Goma, avec 28 voix sur 48 votants.

Il succède à Julien Paluku Kahongya, qui dirigeait la province depuis 2007.

Au Mai-Ndombe, le futur gouverneur sera Paul Mputu Boleilanga, lui aussi issu du FCC, élu avec les voix de seize des 21 députés provinciaux, qui ont tous participé au vote.

Agé de 62 ans, il remplace à la tête de l’exécutif provincial de Mai-Ndombe Gentiny Ngobila Mbaka, récemment élu gouverneur de la ville-province de Kinshasa.

Il sera, selon le site d’information Actualité.cd, secondé par Jacks Mbombaka Bokoso comme vice-gouverneur.

La seule province non encore dotée d’un gouverneur et d’un vice-gouverneur est celle du Sankuru (centre), où la candidature un moment unique de l’ex-ministre de la Communication et porte-parole de plusieurs gouvernements centraux successifs, Lambert Mende Omalanga, a suscité des tensions et des violences.

Mi-avril, une majorité de députés provinciaux avaient refusé de siéger pour entériner sa candidature unique. L’élection a depuis été suspendue à la suite de la demande de report formulée par le nouveau président congolais Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

La toute grosse majorité des 23 gouverneurs déjà élus – soit au premier tour, soit au second sont issus de la coalition politique pro-Kabila Front commun pour le Congo (FCC) ou se présentaient comme « indépendants », à l’exception notable du Kasaï oriental, la région d’origine du président Tshisekedi où son parti, l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS) et ses alliés, ont remporté le poste de gouverneur en la personne de Jean Maweja Muteba.

Le camp kabiliste dispose aussi d’une confortable majorité à l’Assemblée nationale, avec 345 députés sur les 500 que compte la chambre basse du parlement congolais et au Sénat, dont les membres sont eux aussi élus au second degré par les 26 assemblées provinciales.​

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