RDC: 25 personnes en détention préventive pour les massacres de Yumbi en décembre

RDC: 25 personnes en détention préventive pour les massacres de Yumbi en décembre

Vingt-cinq personnes ont été placées en détention préventive dans le cadre de l’enquête sur les massacresde centaines de personnes en décembre à Yumbi dans le nord-ouest de la République démocratique du Congo, a indiqué jeudi la ministre des Droits humains. « A ce jour, 105 victimes ont été entendues, 83 témoins ont comparu devant les enquêteurs de l’auditorat général (justice militaire) et 25 auteurs présumés de ces massacres ont été mis en détention préventive », a déclaré la ministre Marie-Ange Mushobekwa, sans préciser l’identité des personnes interpellées.

La ministre présentait le rapport de la commission d’enquête sur ces massacres qui se sont déroulés les 16 et 17 décembre dernier.

Le rapport a documenté des « cas d’atteintes et de violation des droits de l’Homme ayant causé 461 morts (…) dont l’administrateur du territoire de Yumbi » et trois soldats congolais, a détaillé Mme Mushobekwa.

En outre, 133 personnes ont été blessées: 56 par balle, 33 par arme blanche et 44 par brûlure.

« Il y a eu des responsables politico-administratifs qui ont attisé le feu, qui ont déjà été entendus par lajustice militaire », a indiqué la ministre.

Elle estime aussi que les autorités provinciales de l’époque « aurait dû prendre des mesures adéquates pourprévenir et éviter ces terribles événements (…) qui ont terni l’image de notre pays ».

« Ils ont péché par omission, par négligence » comme tel ils doivent « en payer le prix », a-t-elle estimé, indiquantqu’un procès sera organisé à l’issue des enquêtes judiciaires.

L’ancien gouverneur de la province du Mai-Ndombe, Gentiny Ngobila, élu gouverneur de Kinshasa en mars, a été entendu par la commission d’enquête.

Au terme d’une visite sur place fin janvier, les Nations unies ont fait état du massacre d’au moins 535 civils – hommes, femmes et enfants – dans trois villages du territoire de Yumbi, sur les bords du fleuve Congo, à quelque 300 km au nord de Kinshasa.

Les victimes étaient principalement des membres de la communauté banunu, visées par une communauté rivale, les Batende, qui officiellement contestaient le lieu d’inhumation d’un chef coutumier banunu.

Des dégâts matériels importants ont également été enregistrés avec la destruction de 1.539 maisons, neuf centres de santé, vingt écoles ainsi que de trois marchés.

Selon ce rapport, 5.772 déplacés ont été recensés tandis que 17.000 personnes se sont réfugiées au Congo-Brazzaville.

Ces violences meurtrières avaient motivé le report des élections présidentielle et législatives dans le territoire de Yumbi.

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