Un média burundais dénonce la collaboration entre Imbonerakure et FDLR

Un média burundais dénonce  la collaboration entre Imbonerakure et FDLR

La milice du parti au pouvoir à Bujumbura, les Imbonerakure, s’est associée à des FDLR (rébellion hutue rwandaise issue des génocidaires) pour mener des attaques contre des civils dans le sud du Rwanda et le nord du Burundi, dénonce BurundiDaily.net. Une stratégie de la tension?

Selon le média burundais, « de nombreux cas de vols et d’assassinats imputés à ces deux milices coalisées sont quotidiennement signalés des deux côtés de la frontière: du bétail pillé, des ménages entiers mis à sac, des innocents tués ».Et « les autorités burundaises laissent faire ».

La milice burundaise – dénoncée comme telle par l’Onu – est devenue, depuis 2015 et le coup de force du président Pierre Nkurunziza pour se maintenir au pouvoir au-delà de ses deux mandats autorisés par l’Accord de paix d’Arusha, le fer de lance de la répression qui a fait plusieurs milliers de morts et 430.000 réfugiés à l’extérieur, pour un pays de 11 millions d’habitants. Les FDLR, quant à eux, ensanglantent l’est du Congo, où ils se sont constitués, il y a 25 ans, à partir de la milice génocidaire rwandaise Interahamwe et de l’armée hutue rwandaise vaincue, qui avait participé au génocide des Tutsis du Rwanda en 1994 (un million de morts sur une population d’alors 8 millions d’habitants).

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Formation en RDCongo

A la fin 2018, des miliciens burundais Imbonerakure ont été envoyés se « former » à l’est du Congo, au côté des FDLR, et y mener des attaques contre des opposants au régime de Bujumbura réfugiés au Kivu.

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Environ 200 Imbonerakure seraient rentrés au pays début 2019, accompagnés d’une trentaine de FDLR. Selon BurndiDaily.net, ils sont déployés au Burundi le long de la frontière rwandaise, notamment dans la province de Kirundo et dans la forêt de Murehe. De là, ils mènent des attaques à l’intérieur du Rwanda « dans le but de voler des vaches et des chèvres en plus des attaques sur les ménages ».

Non seulement les autorités burundaises « laissent faire » mais la police burundaise sévit « parfois » contre des Imbonerakure qui refusent de participer à ces expéditions sanglantes; BurundiDaily cite le cas de 8 miliciens arrêtés le 5 mai à Busoni (Kirundo).

Selon le site rwandais Igihe, d’autres Imbonerakure revenus de RDCongo ont participé à des attaques menées dans la forêt de Nyungwe, au Rwanda, par des FDLR.

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Crime passible de la CPI

En 2017, l’AFP, citant une source diplomatique, chiffrait à 20.000 le nombre d’Imbonerakure servant de bras armé au parti au pouvoir, le CNDD-FDD, ex-guérilla hutue durant la guerre civile (1993-2005; 300.000 morts). Pour mieux noyer lepoisson, ce nom est donné aux quelque 4 millions de membres de la « Jeunesse » du CNDD-FDD, mais seul le fer de lance de ce groupe est considéré comme une milice par l’Onu.

Les Imbonerakure avaient attiré sur eux l’attention mondiale, en 2017, en défilant dans des rassemblements paramilitaires en entonnant des chants appelant à « engrosser les opposantes pour qu’elles enfantent des Imbonerakure ». La FIDH (Fédération internationale des ligues de défense des droits de l’Homme) y avait vu une nouvelle preuve que le viol était utilisé au Burundi comme arme de guerre – crime passible de la Cour pénale internationale (CPI).

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