Un africain pour la première fois à la tête de l’OMS

Un africain pour la première fois  à la tête de l’OMS

L’Ethiopien Tedros Adhanom Ghebreyesus a été élu le 23 mai directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), devenant le premier Africain à prendre la tête de cette puissante agence de l’Onu, qu’il a l’ambition de réformer.

Ce spécialiste du paludisme et ex-ministre éthiopien de la Santé, âgé de 52 ans, l’a emporté au 3e tour devant le Britannique David Nabarro, 67 ans, qui a été envoyé spécial des Nations unies pour la lutte contre Ebola. L’Ethiopien était déjà arrivé en tête des deux premiers tours, mais n’avait pas obtenu la majorité des deux tiers des voix requises.

C’est la première fois que trois candidats – le troisième, éliminé au premier tour, ayant été le Dr Sania Nishtar, une Pakistanaise – s’affrontaient pour devenir directeur général de l’OMS, une institution critiquée pour son insuffisante transparence. Auparavant, une unique candidature, proposée par le Conseil exécutif de l’organisation, était soumise au vote de l’Assemblée mondiale de la Santé, qui procédait à la nomination finale.

Des promesses crédibles

Tedros Adhanom Ghebreyesus prendra le 1er juillet la succession de la Chinoise Margaret Chan, qui a dirigé pendant dix ans cette organisation. L’OMS est chargée de coordonner les réponses aux pandémies et de fixer des normes pour les systèmes de santé de tous les pays. Elle a son siège à Genève et emploie dans le monde quelque 8.000 personnes, ce qui en fait une des plus importantes agences des Nations unies.

Dans son intervention pour présenter sa candidature et son programme, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus a raconté avoir perdu, alors qu’il était enfant, un frère qui n’avait pas reçu les médicaments nécessaires. Il avait alors « refusé d’accepter que les gens meurent parce qu’ils sont pauvres ».

« Je fais les promesses suivantes : travailler sans relâche pour concrétiser la promesse de garantir la couverture sanitaire universelle, veiller à ce qu’il y ait des ripostes solides dans les situations d’urgence ». En outre, le médecin éthiopien a promis qu’il renforcerait « la santé et l’autonomie des pays » et mettrait « la transparence au coeur de l’OMS ».

Un pedigree convaincant

Titulaire d’un doctorat de l’université de Notthingham, en Angleterre, Tedros Adhanom Ghebreyesus était devenu ministre de la Santé de l’Ethiopie en 2005, avant d’être ministre des Affaires étrangères (2012-2016). Sous son mandat, les installations sanitaires dans ce pays très pauvre de la Corne de l’Afrique se sont grandement améliorées, avec la construction de milliers de cliniques et l’accent mis sur la nécessaire proximité des services de santé. Ses initiatives ont contribué à réduire de deux tiers la mortalité infantile entre 1990 et 2015 et à une baisse de 75% des décès dus au paludisme sur la même période.

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