Côte-d’Ivoire : La révolte des démobilisés fait trois morts à Bouaké

Côte-d’Ivoire : La révolte des démobilisés fait trois morts à Bouaké

Trois ex-rebelles démobilisés ont été tués et une grosse dizaine blessés mardi lors de la dispersion de leur attroupement par les forces de sécurité à Bouaké, deuxième ville de Côte-d’Ivoire et épicentre des mutineries de soldats en janvier et mai.

Les « démobilisés » sont d’anciens rebelles qui n’ont pas été intégrés à l’armée, contrairement aux soldats qui s’étaient mutinés il y a une dizaine de jours. Environ 6.000 démobilisés réclament chacun 18 millions de francs CFA de primes (27.000 euros) après que les 8400 mutins ont obtenu chacun 12 millions (18.000 euros) après avoir mené deux mouvements de révolte qui ont traumatisé le pays, en janvier et mai.

Hostilité des mutins contre les démobilisés

Lors de la mutinerie, à la mi-mai, un démobilisé avait été tué à Bouaké par des soldats mutinés, qui craignaient que les revendications des démobilisés ne mettent en péril le paiement de leurs propres primes. Ce défunt devait être enterré lundi 22 mai et les démobilisés avaient appelé à une journée d’action pour ses funérailles. Ils ont bloqué l’entrée sud de Bouaké et l’entrée nord de Korhogo (nord), tandis qu’une cinquantaine d’entre eux tentaient – en vain, ceux-ci – de bloquer l’entrée nord d’Abidjan.

A Bouaké, ancienne « capitale » de la rébellion ayant soutenu le président Alassane Ouattara pendant la crise électorale de 2010-2011, les forces de l’ordre sont intervenues pour déloger les démobilisés de l’entrée sud de la ville qui se situe sur le principal axe du pays, reliant Abidjan au nord du pays. Vers 7h, lundi, « les policiers ont commencé à lancer des gaz lacrymogènes », raconte Diakité Aboudou, délégué des démobilisés de Ouangolodogou (nord) présent à Bouaké. « Nous sommes restés et on a entendu des bruits de grenades. Ca a été la débandade. Après, on a entendu des tirs de pistolets automatiques et de Kalachnikov. Vous voyez, les morts ont été tués par balles », a-t-il ajouté.

A Korhogo, les démobilisés qui occupaient l’entrée nord depuis la veille ont quitté les lieux dans la matinée sans incident et sans avertir personne, a constaté un correspondant de l’AFP. « Ils ont sans doute appris les événements de Bouaké mais nous sommes sur nos gardes », a confié un policier sous couvert de l’anonymat. « Nous sommes prêts pour le sacrifice suprême pour avoir nos primes de guerre », a assuré Issouf Ouattara, porte-parole des démobilisés à Korhogo.

Tués par leur propre grenade, selon le ministre

Selon le ministre de l’Intérieur, les trois décès sont dus à l’explosion d’une grenade dégoupillée par des manifestants. « Les forces de sécurité ont déployé les moyens conventionnels, (…) certains des manifestants armés ont dégoupillé une grenade offensive qui a explosé en leur sein », selon le texte du communiqué signé du ministre Hamed Bakayoko. « Le bilan à cette heure est de trois personnes décédées suite à l’éclat des fragments de grenade, quatorze blessés dont quatre cas graves ».

« Du côté des forces de l’ordre, trois éléments de la Gendarmerie et deux éléments de police ont été blessés par des projectiles », précise le texte.

« Le Gouvernement appelle au calme et invite nos concitoyens à poser leurs préoccupations aux autorités dans le calme et dans le respect des lois », conclut le communiqué.

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