Zimbabwe : La loi n’est pas la même pour Grace Mugabe

Zimbabwe : La loi n’est pas la même  pour Grace Mugabe

L’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch (HRW) a diffusé mardi 23 mai un communiqué au sujet de l’expulsion de 200 familles de la Ferme Arnolds, à Mazowe (province centrale du Mashonaland), au Zimbabwe, appelant le gouvernement à faire cesser les évictions et les destructions d’habitations, ainsi que l’a ordonné la Haute Cour du Zimbabwe.

Depuis 17 ans

Ces familles occupent la Ferme Arnolds depuis 17 ans, soit quand ont commencé les occupations de quelque 4000 fermes de Zimbabwéens blancs, sur l’encouragement du président Mugabe. En passe d’être devancé par l’opposition de Morgan Tsvangirai aux élections, le chef d’Etat – au pouvoir depuis l’indépendance, en 1980 – avait encouragé ces occupations, souvent violentes, supposées bénéficier aux paysans noirs sans terre. L’absence de mesures d’acompagnement de ces derniers, cependant, avait fait chuter la production agricole. De grenier de l’Afrique australe, le pays est devenu acheteur d’aliments, tandis que le niveau de vie de ses habitants plongeait – mais pas celui des proches du chef de l’Etat qui ont mis la main sur plusieurs grandes fermes. Le président Mugabe se maintient au pouvoir, depuis lors, par la force et des élections controversées.

Selon HRW, la police a indiqué à la Haute Cour que la ferme « appartient à la Première Famille » (la famille du Président) et a affirmé agir pour le compte de la Première Dame, Grace Mugabe.

La justice interdit les expulsions

A plusieurs reprises, en 17 ans, des tentatives d’expulsion des familles occupant la Ferme Arnolds ont eu lieu. Une nouvelle opération de ce type est en cours depuis le 17 mars, selon HRW. Le 24 mars, les familles résidentes ont obtenu une ordonnance de la Haute Cour pour l’arrêt des évictions et de la démolition des maisons des résidents tant qu’une décision de justice n’appuie pas les expulsions. Une interdiction similaire avait déjà été décidée par la justice en janvier 2015. La police a indiqué aux avocats des familles expulsées agir sur ordre de ses « supérieurs » mais ne pas disposer d’une décision de justice approuvant les expulsions.

Deux résidents qui avaient été arrêtés pour être entrés dans la propriété « appartenant à la Première Famille » ont été libérés par la justice.

Plusieurs familles ont cependant perdu leurs récoltes de maïs, haricots et arachides, ainsi que leur bétail durant les opérations d’éviction et n’ont plus de toit, souligne HRW, alors que la saison froide et les pluies sont arrivées au Zimbabwe. Elles refusent cependant de quitter la Ferme Arnolds tant que le gouvernement ne les réinstalle pas ailleurs. Depuis 2015, seules 5 familles ont été réinstallées ailleurs.

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