Trafic de bois précieux au Gabon: des containers saisis ont « disparu »

Trafic de bois précieux au Gabon: des containers saisis ont « disparu »

Des centaines de containers de kévazingo, un bois précieux interdit d’exploitation au Gabon, saisies fin février et début mars par la justice au port d’Owendo, dans l’estuaire de Libreville, ont disparu, a annoncé le procureur de la République de Libreville. « Le 30 avril 2019 (…) il a été constaté que 353 containers de bois frauduleux pourtant placés sous mains de justice avaient curieusement disparu », selon le procureur Olivier N’Zahou, a rapporté mercredi le quotidien pro-gouvernemental ‘L’Union’.

Fin février et début mars, près de 5.000 m3 de kévazingo, interdit d’exploitation et d’exportation au Gabon, avaient été découverts dans deux sites d’entreposage appartenant à des sociétés chinoises, au port d’Owendo.

Une partie du kévazingo était chargée dans des containers sur lesquels figurait le tampon du ministère des Eaux et Forêt indiquant une cargaison d’okoumé, une essence de bois dont l’exploitation est autorisée.

Après la découverte de ces documents falsifiés, le responsable du ministère des Eaux et Forêts au port et son équipe avaient été arrêtés, suspectés d’être impliqués dans ce trafic qui se chiffre à plusieurs millions d’euros.

Une information avait été ouverte mi-mars à l’encontre de plusieurs fonctionnaires du ministère et de l’administration des douanes.

Selon le procureur de Libreville, les agents du ministère des Eaux et Forêts requis par le ministère public le temps de l’enquête ont « été rappelés par leur hiérarchie » et ils « ont sciemment ordonné le déplacement desdits containers aux fins d’exportation frauduleuse », a-t-il déclaré mardi.

« Quels que soient les rangs et grades des personnes impliquées dans (…) le réseau Kévazingo, elles seront poursuivies », a-t-il ajouté.

Représentant 60% du PIB (hors hydrocarbures), le secteur forestier est l’un des piliers historiques de l’économie gabonaise et représente environ 17.000 emplois directs et indirects du secteur privé.

Fin mars, le rapport d’une ONG britannique avait dénoncé les pratiques illégales d’un groupe chinois à l’origine d’un vaste trafic d’exploitation de bois au Gabon et au Congo, accusant notamment plusieurs personnalités politiques et agents de l’administration d’être impliqués. Selon le gouvernement, une enquête interne a été ouverte.

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