Un contrat à plusieurs millions en Côte d’Ivoire pour la société belge controversée Semlex

Un contrat à plusieurs millions en Côte d’Ivoire pour la société belge controversée Semlex

Le fabricant belge de passeports Semlex a obtenu un contrat d’une valeur de 700 millions d’euros en Côte d’Ivoire pour la production de 32 millions cartes d’identité et la création d’un registre de la population. L’accord est valable pour 12 ans, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement ivoirien Sidi Touré. Semlex est une entreprise controversée: le parquet fédéral avait fait exécuter des perquisitions à son siège l’an dernier et au domicile de son CEO Albert Karaziwan. Un porte-parole du parquet fédéral avait alors indiqué qu’une enquête était en cours pour des suspicions de blanchiment d’argent et de corruption. La société Semlex est mise en cause depuis avril 2017 par l’agence de presse britannique Reuters pour la manière dont elle obtient des contrats de fourniture de systèmes d’identification et de documents d’identité biométriques en Afrique – et plus particulièrement en République démocratique du Congo (RDC).

Le prix d’un passeport congolais s’élève à 185 dollars (175 euros), contre 65 euros pour un passeport biométrique en Belgique. Sur cette somme, 60 dollars sont reversés à une société détenue par une proche de l’ancien président Joseph Kabila, Makie Makolo Wangoi, selon Reuters. L’entreprise Semlex elle-même garderait 60 dollars par passeport, seuls 65 dollars revenant aux autorités congolaises.

Interrogé sur les problèmes juridiques auxquels fait face Semlex, le porte-parole du gouvernement ivoirien a déclaré que l’entreprise belge « a participé comme toute autre société à l’appel d’offres et l’a remporté de manière transparente ».

Semlex a elle-même envoyé à deux reprises un communiqué dans lequel elle dément fermement les accusations à son encontre et évoque une campagne de diffamation.

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