Soudan du Sud/accord de paix: le délai de six mois est insuffisant, juge Kiir

Soudan du Sud/accord de paix: le délai de six mois est insuffisant, juge Kiir

Le président du Soudan du Sud Salva Kiir a estimé mercredi trop court le délai supplémentaire de six mois accordé vendredi aux belligérants pour former un gouvernement d’union nationale censé mettre un terme à près de six ans de guerre civile, a constaté un journaliste de l’AFP. Vendredi, à Addis Abeba et sous l’égide du bloc régional Igad, les différentes parties au conflit sud-soudanais s’étaient accordés un délai supplémentaire de six mois pour la formation du gouvernement d’unité dans lequel M. Kiir resterait le président et son rival Riek Machar redeviendrait vice-président.

Ce délai doit notamment permettre de procéder au cantonnement des combattants et à leur intégration dans une armée unifiée, un des points clés du dernier accord de paix sud-soudanais signé en septembre 2018 dans la capitale éthiopienne.

« Si nous n’avons pas réussi à faire tout ceci lors des huit derniers mois, qu’est-ce qui nous fera réussir cette fois en six mois? », s’est interrogé le président dans un discours prononcé en arabe à l’occasion du lancement d’un exercice d’enregistrement de la population.

« J’ai dit à mon équipe qui a été là-bas (vendredi à Addis Abeba) qu’au lieu de six mois, il valait mieux une année parce que de mai à novembre, il y aura les pluies et vous ne pouvez déplacer un véhicule nulle part », a poursuivi le chef de l’Etat. « Mais si c’est un an, alors les six derniers mois nous mèneront à la nouvelle année et toutes ces choses pourront être accomplies pendant cette période et ensuite, nous pourrons former le gouvernement en avril ou en mai », a-t-il ajouté.

Kiir a également accusé le chef rebelle Riek Machar de recruter de nouveaux combattants et averti: « si ce n’est qu’une question de recrutement, cela ne me coûte pas grand-chose de recruter moi aussi », une menace qui prouve une nouvelle fois la défiance qui perdure entre les deux hommes.

Le Soudan du Sud a sombré dans la guerre civile en décembre 2013, lorsque le président Kiir a accusé Riek Machar, son ancien vice-président, de fomenter un coup d’État.

Le conflit, marqué par des atrocités à caractère ethnique et le recours au viol comme arme de guerre, a fait plus de 380.000 morts selon une étude récente, et poussé plus de quatre millions de Sud-soudanais, soit près d’un tiers de la population, à quitter leurs foyers.

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