RDC : Clément Kanku empêché de donner sa conférence de presse

RDC : Clément Kanku empêché de  donner sa conférence de presse

Le parquet de la République démocratique du Congo a annoncé mardi qu’il enquêtait sur l’implication présumée d’un député congolais de l’opposition dans les violences qui secouent depuis septembre la région du Kasaï, dans le centre du pays. Deux experts de l’ONU, l’Américain Michael Sharp et la Suédo-Chilienne Zaida Catalan, envoyés au Kasaï par le secrétaire général des Nations Unies pour enquêter sur ces violences, y avaient été enlevés et assassinés en mars.

Un enregistrement provoque l’enquête

Samedi, le quotidien américain New York Times a révélé que Zaida Catalan détenait un enregistrement sonore du député Clément Kanku en conversation téléphonique avec un des présumés auteurs des massacres au Kasaï.

« La nature et les circonstances de cette conversation ne peuvent aucunement laisser indifférent » le paquet, a déclaré Flory Kabange Numbi, procureur général de la République, lors d’une conférence de presse, mardi. « Ce lundi 22 mai, j’ai été amené à ouvrir une enquête pour en savoir un peu plus ».

Le procureur a affirmé avoir écrit au président de l’Assemblée nationale « pour nous permettre de conduire des enquêtes indispensables dans cette sinistre affaire ». Mais « il n’est nullement question de chercher à obtenir la levée des immunités » parlementaires à ce niveau de la procédure, a-t-il précisé. Si les faits reprochés au député Kanku étaient établis, il pourrait être inculpé de « participation à un mouvement insurrectionnel » et « d’assassinat », a-t-il ajouté.

Toutefois, l’enregistrement évoqué par le journal américain et le procureur congolais avaient déjà été reprochés à M. Kanku, et cela avant le 12 août 2016, selon des proches de ce dernier interrogés par La LIbre Afrique.be. Le député kasaïen s’en était expliqué auprès des autorités à Kananga et ses explications avaient apparemment été jugées satisfaisantes puisque M. Kanku avait été nommé ministre de la Coopération dans le gouvernement Badibanga, en décembre dernier.

Kanku privé de conférence de presse

A la mi-journée, la police a empêché les journalistes d’accéder au restaurant où M. Kanku devait tenir sa conférence de presse, sans donner de raison. Dans un communiqué, M. Kanku s’est dit « consterné par ces allégations » qu’il « réfute totalement ». « Je suis convaincu que toute la lumière sera faite dans cette affaire et que justice sera rendue aux nombreuses victimes d’exactions abominables dans le Kasaï y compris les deux experts des Nations Unies », dit-il.

L’enregistrement dont parle le New York Times remonte à début août 2016 et circulait sur internet depuis janvier.

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