Move With Africa: une expérience unique

Move With Africa: une expérience unique

Du 28 février au 14 mars 2019, seize élèves du collège Notre Dame de Tournai ont entamé un périple incroyable au Rwanda soutenus par la Libre Belgique et l’ONG Entraide et Fraternité. Ils y ont découvert le pays des mille collines à travers la rencontre de populations moins favorisées. Une expérience qui ne les laissera pas indifférents.

Pour les acclimater à ce pays, si différent du nôtre, ils se sont d’abord imprégnés de son histoire, à travers une visite du mémorial du génocide à Kigali. Charlotte, 16 ans, en témoigne :

« Lorsque nous sommes allés visiter le mémorial du génocide situé à Kigali, je ne m’attendais pas à tout ce que j’allais voir et apprendre. Nous avions tous une idée plus ou moins précise de ce qu’il s’était passé et pourtant nous en sommes tous sortis chamboulés. La visite a commencé avec une vidéo de rescapés du génocide, qui témoignaient de leur vécu pendant et après le massacre. Comment dire que ça nous a mis dans le bain tout de suite… c’était vraiment très touchant. Ensuite, au rez-de-chaussée, nous avons appris le déroulement des faits avant pendant et après, avec les pays qui y ont joué un rôle dont la Belgique. Au fur et à mesure que la visite avançait, je me demandais comment on avait pu laisser faire de telles horreurs… Je me posais plein de questions.
À l’étage, il y avait la salle des enfants. Dans celle-ci il on présentait à chaque fois un enfant avec sa photo, son plat préféré, son activité favorite, etc. Le dernier point était la cause de mort… c’était très dur de lire tout ça et pour ma part je n’ai pas pu continuer et visiter toute la salle tellement ça me touchait.
Ce que j’ai trouvé vraiment beau et qui m’a consolée c’est que tous les Rwandais vivent maintenant en paix et ne se tiennent
plus rigueur de tout ce qu’il s’est passé. Ils ne recherchent pas la vengeance ou la punition, et il n’y a pas d’animosité entre les peuples. »

Pendant le reste du séjour difficile pour les élèves de ne pas continuer à penser à ces enfants massacrés durant le génocide. – Photo : M. Lauwaert

Ce premier choc passé, le groupe s’est rendu à Butare, où ils allaient commencer leurs projets citoyens. Sur la route, ils ne peuvent s’empêcher d’admirer les lieux. Juliette et Emma sont conquises : « Le paysage était lui aussi extraordinaire. Pendant tout notre voyage, on se déplaçait en camionnettes pendant de longues heures. Cela nous laissait tout le temps pour observer l’horizon défiler devant nous et franchement on en prenait plein les yeux. Des collines, des bananiers, des rizières et d’autres cultures à perte de vue. Plus on avançait plus on était émerveillés par ce qu’on voyait. Le moment qui nous a le plus charmés ? Lorsqu’un soir, on s’est arrêtés au bord d’une sorte de falaise pour admirer le coucher de soleil. Il y avait aussi une petite cascade et on se croyait presque au paradis. »

Le paysage qui a coupé le souffle à Emma et Juliette – Photo : M.Lauwaert

Les étudiants ont passé la plus grande partie du séjour à Butare. Ils étaient accueillis par l’association Aprojumap, dont l’objectif est de rendre la dignité aux « plus pauvres des pauvres ». Les adolescents ont pu participer à plusieurs projets menés par cette association. La plus grande partie du séjour a ainsi été consacrée à un chantier qui visait à construire des maisons en torchis pour réintroduire des personnes sans domicile au centre des communautés. Les jeunes se sont répartis en équipes pour effectuer les différentes tâches nécessaires au bon fonctionnement du chantier : aller chercher de l’eau, préparer le torchis pour confectionner des briques, faire des chaînes pour acheminer matières premières et briques séchées…

Couverts de boue, mais le sourire aux lèvres, ils ont redécouvert la définition du mot solidarité : « Sur le chantier, nous avons pu voir ce qu’est réellement la solidarité. Tout le monde vient aider tout le monde. Ils sont conscients de la dure vie que certains mènent parce qu’ils vivent ça aussi c’est pourquoi ils n’hésitent pas à s’aider les uns les autres. L’entraide a une place importante au sein de cette population. » (Juliette) ; « Ce que je retiendrai de ces 3 jours est l’élan de solidarité entre les peuples , plus de 30 personnes étaient présentes sur le chantier et certaines avaient parcouru des kilomètres avant d’arriver mais leur joie de vivre était omniprésente ! » (Léa).

Une des autres activités marquantes de ce séjour consistait à rendre visite aux personnes soutenues par Aprojumap (les bénéficiaires) pour se rendre compte de leur réalité et les soutenir. Aprojumap les aide notamment à créer des « kitchen-gardien » (jardin potager à croissance rapide permettant de se nourrir quotidiennement) ; à développer des coopératives agricoles en mettant en place des principes d’écoagriculture (culture du café, du riz, du maïs, des haricots, de la verveine…) ; à se lancer dans l’élevage de chèvres, poules, cochons.

Les collégiens ont pu assister à la répartition par tirage au sort des chevreaux nés dans l’année entre les membres de la coopérative.
Ils ont également participé à la plantation de haricots.

Ces visites ont également ému les jeunes Belges. Juliette se remémore ces instants : « Les bénéficiaires nous ont toujours accueillis dignement. Ils ont partagé avec nous leurs coutumes. Lorsque nous leur rendions visite, nous avons toujours été reçus avec des danses et chants typiques. Lors de ces moments de partage, c’était beau de les voir avec leurs grands sourires, leur bonne humeur. Ils avaient toujours une telle joie de vivre alors qu’ils ne possèdent pas grand-chose. Nous avons réalisé à quel point nous vivons dans le luxe ici. Des liens très forts avec les Rwandais se sont créés. »

À leur retour en Belgique, ces collégiens sont définitivement transformés :

« Avoir vécu une expérience comme celle-ci nous permet d’évoluer personnellement. Avant de partir, nous savions que ce voyage allait nous faire grandir. C’est effectivement le cas et même encore plus qu’on le pensait. Ce projet Move With Africa a permis de prendre pleinement conscience de la réalité en Afrique, des différences réelles dans le monde entre le Nord et le Sud. Ce voyage nous a permis de nous ouvrir à une autre culture et de changer nos visions sur pas mal de choses. Nous sommes très reconnaissants d’avoir passé ces deux semaines au Rwanda. Je dirais même que la majorité de notre groupe a envie de refaire un voyage solidaire comme celui-ci et de s’engager au quotidien pour un monde plus respectueux de l’autre. »

Leur seul regret ? « Un goût de trop peu. »

Les adieux sont difficiles.
Photo : M.Lauwaert
De belles amitiés voient le jour lors d’un échange avec une école secondaire de Butare. Photo : M.Lauwaert
Emma et Emma, de grands fous rires, malgré la barrière de la langue. Photo : M.Lauwaert

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