La beauté du Congo

La beauté du Congo

Par Marie-France Cros.

Le photographe italien Angelo Turconi vient de sortir un nouvel album de photos consacré au Congo, qu’il fréquente depuis un demi-siècle, dont 20 ans de vie sur place. Ce sont les mileux ruraux qu’il préfère et dont il ne se lasse pas de célébrer la beauté.

Après l’album thématique consacré aux Lundas et à leurs cérémonies traditionnelles, paru en 2017, auquel Angelo Turconi avait largement participé, ce nouveau livre est plus hétéroclite, comme de précédentes publications du photographe italien. A l’intérêt anthropologique, bien clair, de « Les Lundas », se substitue le sentiment qui domine lorsqu’on feuillette ses albums: la conscience de l’amour inaltérable de cet artiste pour l’humanité des Congolais et la splendeur saisissante de leur pays, sa capacité à capter leur beauté.

Il la capte dans des scènes de la vie quotidienne; dans les difficultés de transport, en l’absence de routes; dans les cérémonies traditionnelles, l’artisanat, l’agriculture ou les mines. Certains de ses clichés auront un jour une valeur historique; on pense à ces photos – rares – de kitawalistes, mais aussi à son attirance pour le choc apparent entre tradition et modernité chez les chefs coutumiers.

Certains des attributs de ces derniers sont passés de l’anneau de cuivre aux perles de plastique, sans perdre en harmonie; de fibres végétales aux  teintes terreuses, à l’explosion de couleurs que permet le fil acrylique; et l’on peut voir aujourd’hui un roi revêtu de la peau de civette portée par ses ancêtres envoyer un message sur son smartphone. Mais comment s’en étonner: une tradition vivante, comme on la rencontre au Congo, est en constante évolution – loin des musées où voudraient la confiner certains, qui confondent la photo d’une époque avec la durée des siècles. Certains chefs coutumiers, aujourd’hui, sont des universitaires; ils n’oublient pas que l’important est le sens du geste, pas l’immuabilité de son habillage.

« Au cœur du Congo Revisited », par Angelo Turconi. Ed. Stichting Kunstboek, 248 pages couleur, 60 euros. Légendes et texte en français et en anglais.

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