RDC: M. Tshisekedi crée un comité « multisectoriel » de pilotage de la riposte à l’épidémie

RDC: M. Tshisekedi crée un comité « multisectoriel » de pilotage de la riposte à l’épidémie

Le président congolais Félix Tshisekedi a décidé la création d’un comité de pilotage multisectoriel et collégial pour lutter contre l’épidémie de la fièvre hémorragique Ebola qui a déjà fait quelque 900 morts dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), rapportent dimanche des médias locaux. M. Tshisekedi a réuni samedi à la cité de l’Union africaine (UA) à Kinshasa plusieurs membres du gouvernement – réputé démissionnaire, dans l’attente de la désignation d’un Premier ministre – ainsi que des experts du secteur dont le directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), le Dr Jean-Jacques Muyembe, des chercheurs de l’Université de Kinshasa (Unikin) et de l’école de santé publique.

« La gestion de l’épidémie est désormais collégiale et multisectorielle. Un comité de pilotage de riposte a été créé », a indiqué la présidence de la République dans un communiqué, cité notamment par le site d’information Actualité.cd.

Selon la présidence, ces mesures visent à éradiquer cette épidémie le plus tôt possible.

« Compte tenu du contexte de sécurité difficile, cette épidémie a dépassé le seul cadre de la santé publique. Jusqu’à présent, l’épidémie a pu être contenue dans deux provinces de la RDC. Mais pour y mettre décisivement fin, il est nécessaire de renforcer la composante multisectorielle de la riposte, et donc l’implication d’autres ministères-clés, sous la coordination du Premier ministre », a précisé le ministère de la Santé.

Tshisekedi a aussi décidé le renforcement du rôle de la police nationale et l’armée en collaboration avec la Mission de l’ONU en RDC (Monusco) en vue de sécuriser les centres de riposte et de traitement contre Ebola – dont plusieurs ont été attaqués dans la région de Butembo, dans la province du Nord-Kivu (est), épicentre de l’épidémie d’Ebola.

Les ministères des Finances et du Budget ont été instruits « pour mettre les moyens conséquents à la disposition du Comité de pilotage de riposte afin que les experts disposent de toute la logistique appropriée ».

Selon un dernier décompte des autorités sanitaires, l’épidémie d’Ebola a fait 900 morts depuis son début, le 1er août, dans l’est congolais où l’insécurité et les résistances entravent la riposte.

Depuis le début de l’épidémie, « le cumul des cas est de 1.396, dont 1.330 confirmés et 66 probables. Au total, il y a eu 900 décès » au 25 avril, a indiqué le ministère de la Santé dans son dernier bulletin sur la situation épidémiologique daté de vendredi.

Dans le même temps, 394 personnes ont été guéries d’Ebola tandis que 260 cas suspects sont « en cours d’investigation ». L’épidémie a débuté au Nord-Kivu et s’est marginalement étendue en Ituri voisine.

L’épicentre s’est déplacé de Mangina, en zone rurale, à la ville de Beni, puis actuellement à Butembo-Katwa, à 50 km au sud de Beni. Dans cette zone où les populations se déplacent beaucoup, les rumeurs et la défiance entravent le travail des personnels de santé. Une partie des habitants de la région sont dans un déni de la maladie, qui prend parfois des formes violentes.

La semaine dernière, un médecin camerounais, le Dr Richard Mouzoko, un experts de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour lutter contre Ebola a été tué par des assaillants armés à l’hôpital universitaire de Butembo.

L’actuelle épidémie de fièvre hémorragique Ebola est la dixième et la plus grave enregistrée sur le sol congolais depuis 1976. Elle est la deuxième la plus grave après celle en Afrique de l’ouest en 2014 (plus de 11.000 morts en Guinée, Sierra Leone et au Liberia principalement).

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