RDC: une femme élue présidente de l’Assemblée nationale

RDC: une femme élue présidente de l’Assemblée nationale

Une femme, Jeanine Mabunda, a été élue mercredi présidente de l’Assemblée nationale pour la première fois en République démocratique du Congo au cours d’une session boycotée par les députés de l’opposition. Ancienne ministre et ancienne conseillère de l’ex-président Joseph Kabila dans la lutte contre les violences sexuelles, Mme Mabunda était la seule candidate qui restait en course. Elle a obtenu 375 voix sur 383 votants (500 députés au total).

Députée de la coalition pro-kabila Front commun pour le Congo (FCC) majoritaire à l’Assemblée, la nouvelle présidente avait aussi le soutien de la Coalition cap pour le changement (Cach) du nouveau président de la République, Félix Tshisekedi.

Le FCC et Cach ont constitué un « ticket » pour se partager la majorité des sept postes au sein du bureau de l’Assemblée nationale. Le poste de premier vice-président revient ainsi à Jean-Marc Kabund, un cadre de Cach.

Dans son premier discours, Mme Mabunda a invité à mots couverts le président de la République Félix Tshisekedi a nommé un gouvernement avant le 15 juin.

« Avec tout le respect et esprit de collaboration, il revient donc aux institutions compétentes de faire la diligence voulue afin de permettre l’investiture du gouvernement avant la clôture de la présente session », a-t-elle précisément déclaré.

En déplacement à Kisangani (nord-est), le président Tshisekedi a promis de nommer un gouvernement « dans les prochains jours ». Investi il y a trois mois le 24 janvier, il applique pour l’instant son programme des « 100 jours » (principalement des grands travaux) avec des ministres nommés par son prédécesseur ou des ministres intérimaires.

L’opposition a boycotté mercredi l’élection au « perchoir » de l’Assemblée pour protester contre la « coalition majoritaire » qui réunit les partisans du président Félix Tshisekedi et du « président honoraire » Joseph Kabila.

L’élection de mercredi « rappelle le beau vieux temps du stalinisme et des partis-Etats », ont déclaré les députés de l’opposition issus de la coalition Lamuka, qui a soutenu Martin Fayulu à la présidentielle.

Leur déclaration intervient le jour-anniversaire d’un célèbre discours de l’ex-dictateur Mobutu ouvrant la voie au multipartisme, le 24 avril 1990.

L’opposition parlementaire indique qu’elle a demandé au Conseil d’Etat d’annuler la décision d’attribuer « injustement à la majorité six postes au bureau définitif contre un seul, celui de rapporteur adjoint, à l’opposition ».

Issu du parti historique d’opposition Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), Félix Tshisekedi a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 30 décembre.

Le FCC de son prédécesseur Joseph Kabila a conservé une confortable majorité à l’Assemblée nationale (plus de 300 députés sur 500), selon le résultat officiel des élections législatives qui se sont tenues le même jour.

Ce scénario d’une première alternance sans effusion de sang est contesté par l’autre candidat de l’opposition, Martin Fayulu, qui revendique la victoire avec 60% des voix à la présidentielle.

Fayulu accuse la commission électorale d’avoir « fabriqué » ces résultats au bénéfice de MM. Kabila et Tshisekedi.

La coalition Lamuka de M. Fayulu à la présidentielle avait le soutien de deux adversaires du président Kabila, l’ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi et l’ancien vice-président Jean-Pierre Bemba.​

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