La France gèle les avoirs de plusieurs responsables burundais

La France gèle les avoirs de plusieurs responsables burundais

La France a décrété le gel des avoirs de plusieurs responsables burundais déjà sanctionnés par l’Europe, accusés d’atteintes à la démocratie ou d’actes de violences en 2015, à l’annonce d’une troisième candidature du chef de l’Etat, selon un arrêté paru dimanche au Journal officiel.

L’ex-directeur général adjoint de la police nationale, Godefroid Bizimana, est le premier visé, accusé « d’avoir porté atteinte à la démocratie » et de « recours disproportionné à la force et actes de répression violente » des manifestations d’opposants ayant suivi l’annonce de la candidature du président Pierre Nkurunziza.

Gervais Ndirakobuca

Suivent un chef de cabinet de la présidence, Gervais Ndirakobuca, pour avoir ordonné « un recours disproportionné à la force » face aux manifestants; un ancien « chargé de missions de la Présidence », Léonard Ngendakumana, « responsable d’actes de violences – attaques à la grenade » contre les manifestants; et un agent des services de renseignements, Mathias-Joseph Niyonzima, qui a « incité à la violence » et « formé les milices paramilitaires Imbonerakure », responsable de « graves atteintes aux droits de l’homme au Burundi ».

Léonard Ngendakumana

« Les fonds et ressources économiques qui appartiennent à, sont possédés, détenus ou contrôlés par les personnes mentionnées sont gelés, » précise l’arrêté en date du 11 avril, qui entre en vigueur ce dimanche pour une durée de six mois.

Les quatre responsables étaient déjà visés par des sanctions de l’Union européenne depuis octobre 2015, mesures reconduites pour la dernière fois en octobre 2018 pour un an.

Mathias-Joseph Niyonzima

En annonçant sa candidature – contraire à la constitution – à un troisième mandat le 25 avril 2015, le président du Burundi Pierre Nkurunziza avait plongé le pays dans une crise politique meurtrière.

Dès le lendemain, des manifestations gagnaient la capitale Bujumbura, violemment réprimées. Puis une tentative avortée de coup d’Etat le mois suivant et des troubles qui se sont poursuivis tout au long de l’année avaient fait plusieurs dizaines de morts et provoqué le départ précipité de milliers de Burundais vers le Rwanda voisin.

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