Félix Tshisekedi demande l’aide des Etats-Unis

Félix Tshisekedi demande l’aide des Etats-Unis

Le nouveau président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi, en visite à Washington, a demandé jeudi l’aide des Etats-Unis pour sortir son vaste pays de la crise permanente qu’il traverse depuis des décennies.

Estimant avoir hérité d’un pays « au bord du gouffre » lorsqu’il a remporté la présidentielle fin 2018 face au sortant Joseph Kabila, lors de la première transmission pacifique du pouvoir à Kinshasa, l’ancien opposant a assuré que son élection avait permis l’avènement d’un « équilibre » qui « est à encourager ».

« C’est pour ça que je suis ici. Pour demander au partenaire traditionnel de la République démocratique du Congo que sont les Etats-Unis de nous accompagner afin que cet équilibre qui aujourd’hui est fragile se solidifie », a-t-il dit lors d’une conférence organisée par le cercle de réflexion Council on Foreign Relations.

« Sans un appui sérieux et puissant », « nous aurons plus de difficultés à nous en sortir », a ajouté celui qui affirme vouloir « déboulonner le système dictatorial qui était en place » en combattant « la corruption, la gabegie, la mauvaise gouvernance » et « les arrestations arbitraires ».

Pour lui, les Etats-Unis sont « le partenaire idéal » pour contribuer aux réformes de l’armée et de l’administration, afin de pouvoir ensuite attirer les investisseurs. Evoquant les « potentialités » de la RDC, il a aussi invité les acteurs économiques américains à s’intéresser à ses « minerais stratégiques ».

Pour convaincre l’administration américaine de l’urgence de venir en aide à ce pays d’Afrique centrale à l’histoire politique tumultueuse, secouée par de nombreux conflits, le président congolais a enfin mis en garde contre une « menace islamiste » naissante.

« C’est un problème qui devient international », a-t-il prévenu, redoutant que les jihadistes vaincus en Irak et en Syrie ne viennent « se redéployer » dans ce pays dont la jeunesse est aujourd’hui « totalement désespérée ».

Il a néanmoins critiqué les sanctions américaines contre le président de la commission électorale congolaise et deux de ses proches, accusés de « détournements de fonds » et d’avoir « sapé le processus démocratique ». « Cela risque de fragiliser notre équilibre actuel et nous n’en avons pas besoin », a-t-il prévenu.

Félix Tshisekedi a été reçu mercredi par le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui a apporté son « soutien » à son « programme de changement », et doit rencontrer vendredi le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton. Mais aucun entretien n’est prévu avec le président Donald Trump.​

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