RDC : les Kabila bientôt à la retraite ?

RDC : les Kabila bientôt à la retraite ?

Le président congolais a conseillé au gouvernement Tshibala de soutenir les efforts de la Ceni pour la bonne tenue des élections et a insité auprès des ministres pour qu’ils évitent le népotisme…

Premier conseil des ministres du nouveau gouvernement congolais ce samedi 20 avril. Un conseil des ministres qui a permis de constater que les gros portefeuilles étaient restés entre les mains des proches du président, les anciens « opposants » attirés par la personnalité de Bruno Tshibala devant se contenter de ce qui leur était laissé.

Un conseil des ministres qui n’a duré qu’une heure et qui a permis aux nouveaux venus de se présenter et au président Kabila de tracer les grandes lignes du travail que devra effectuer ce nouvel exécutif, selon le communiqué signé par Lambert Mende, inamovible ministre de la communication.

La première priorité tracée par le président : la tenue des élections. Toujours selon le communiqué du ministre Mende, : « Le chef de l’Etat a insité sur la première mission du gouvernement qui est d’appuyer la Ceni dans sa charge d’organiser des élections démocratiques, transparentes et non chaotiques le plus tôt possible.  Il a suggéré qu’au cours d’un prochain conseil des ministres, la Ceni soit invitée à venir faire le point sur l’état des préparatifs de ces élections qu’elle est appelée à organiser ».

Le second axe fixé par le président au gouvernement Tshibala : « la consolidation de la paix et de la sécurité sur toute l’étendue du territoire ». Et le comuniqué d’ajouter la mise au point chiffrée faite par le président : « La paix et la sécurité sans lesquelles il serait vain d’espérer voir de bonnes élections se tenir. Il a noté que sur les 26 provinces, il y a des défis sécuritaires dans 4 provinces et dans 8 territoires sur les 145 que compte le pays ».

Enfin, la dernière priorité, présentée succintement  porte sur la situation sociale. « Le chef de l’Etat a attiré l’attention sur le social de la population et ce sur toute l’étendue du territoire national », affirme laconiquement le communiqué, qui se termine en précisant que le conseil a débuté à 9h00 et s’est terminé à 10h00, démonstration de la ponctualité toute helvétique de cette nouvelle équipe.

Pas de date

A la lecture de ce communiqué, impossible de ne pas remarquer que le président Kabila, s’il insite sur la tenue des élections, refuse de donner la moindre date pour leur organisation, bien loin de ce que prévoit l’accord de la Saint-Sylvestre dont il tire pourtant la petite légitimité qui lui permet de demeurer  au pouvoir malgré la fin de son second mandat, le 19 décembre 2016, selon la constitution congolaise. L’accord de la Saint-Sylveste martèle pourtant bien les élections doivent se tenir avant la fin de cette année.

Autre élément a retirer des déclarations reprises par le communiqué du ministre de la Communication: la question sécuritaire. Le chef de l’Etat évoque « la paix et la sécurité sans lesquelles il serait vain d’espérer voir de bonnes élections se tenir », au lendemain des évasions de Kasangulu et Kalemie et trois jours après que 4000 détenus se soient fait la belle de la prison de Makala, à Kinshasa. Un chiffre qui n’a d’ailleurs jamais été confirmé par le ministre de la Justice, le seul chiffre révélé du bout des lèvres par le gouvernement portait sur 50 détenus dan la nature…

Bref, paix et sécurité, conditions sine qua non pour la tenue de bonnes élections, apparaissent comme des chimères… en tout cas aujourd’hui dans « 4 provinces », selon le chef de l’Etat. Le Kasaï, terre de l’opposition à Kabila apparaissant déjà comme une zone qui pourrait être privée  de scrutin. A condition, bien sûr, que ces scrutins puissent être organisés.

Pas de népotisme

S’il faut s’en tenir à l’accord arraché par les évêques congolais le 31 décembre dernier, il ne reste donc que 7 mois pour passer par les urnes et le président, qui ne peut plus se présenter devant ses électeurs s’il respecte sa constitution, n’a toujours pas désigné de successeur. Mais les propos qu’il a tenus à l’attention de ses ministres ferment au moins quelques portes sur l’identité de celui ou de celle qu’il devrait désigner pour briguer sa succession.  Plutôt sur l’identité de celle ou celui qui ne sera pas désigné. En effet, ce samedi 20 mai, Joseph Kabila, toujours selon le communiqué de  son fidèle Lambert Mende, a « rappelé aux ministres qu’ils étaient au service de la nation congolaise toute entière (…) Il les a exhortés à éviter les conflits d’intérêts et le népotisme dans la constitution de leurs cabinets respectifs ». Une attitude tout à fait présidentielle de la part de Joseph Kabila qui ne devrait donc pas choisir un membre de sa famille ou de son clan comme successeur.

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