Le Maroc mobilise 35 pays sur la question du Sahara occidental

Le Maroc mobilise 35 pays sur la question du Sahara occidental

Le Maroc a mobilisé lundi le soutien de 35 pays réunis en « conférence ministérielle africaine » à Marrakech contre toute « interférence » dans le processus politique des Nations unies sur le règlement du statut du Sahara occidental. La convocation de cette réunion coïncide avec la tenue, à Pretoria, d’une conférence de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) destinée à affirmer « le soutien de la région à la décolonisation et l’autodétermination du Sahara occidental » en préconisant une solution politique « juste ».

La déclaration finale adoptée par 36 pays à Marrakech rappelle « l’exclusivité des Nations unies en tant que cadre de recherche d’une solution politique, mutuellement acceptable, réaliste, pragmatique et durable à la question du Sahara ». Le texte souligne que « le soutien de la Troïka (de l’Union africaine) au processus politique des Nations unies doit être préservé de toutes ingérences, interférences ou actions non consensuelles ».

Les termes des conférences de Marrakech et de Pretoria reflètent la ligne de fracture entre le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario: la « solution réaliste et pragmatique » correspond au statut d’autonomie sous contrôle marocain que veut Rabat, la solution « juste » fait référence au référendum que le Polisario réclame pour obtenir l’indépendance de cette étendue désertique de 266.000 km2.

Le Représentant personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Kohler, s’efforce depuis plusieurs mois de relancer le processus de discussion, après plusieurs années de blocage. Mais « de nombreuses positions divergent toujours fondamentalement », comme il l’a expliqué vendredi à l’issue d’une deuxième table ronde à Genève.

Rabat est prêt à discuter « d’autonomie », mais sous aucune circonstance, « n’acceptera un référendum dans lequel l’une des options serait l’indépendance », comme l’a dit à Genève son ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita.

Le Polisario, lui, insiste sur la nécessité pour le peuple sahraoui de pouvoir s’exprimer librement avec un « référendum libre, organisé et garanti par l’ONU », avait expliqué son représentant Khatri Addouh après la table ronde.

Le Maroc, qui a réintégré l’Union africaine en janvier 2017, s’est efforcé depuis de neutraliser toute tentative de règlement au niveau de l’UA.

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa doit ouvrir mardi la conférence de Pretoria, qui réunit dix pays de l’Union africaine, dont la République arabe sahraouie (RASD) et son allié algérien, ainsi que les traditionnels soutiens du Polisario, comme Cuba ou le Venezuela de Maduro.

Alors que le Maroc vient de signer avec l’Union européenne un accord d’agriculture et de pêche incluant les produits en provenance des « provinces du Sahara », le texte de la SADC appelle à « mettre fin à l’exploitation « illégale » des ressources naturelles du « territoire occupé ».

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