« Accélérons ! », le message de Macron

« Accélérons ! », le message de Macron

Premier président français à ne pas avoir fait son service militaire, Emmanuel Macron a réservé son deuxième voyage à l’étranger au Mali – après Berlin – pour rencontrer ce 19 mai les troupes françaises à Gao, ville du nord du pays qu’elles avaient libérée des islamistes fin janvier 2013.

Le retour des djihadistes

Le contingent français était intervenu au Nord-Mali début janvier 2013 et avait réussi à en chasser les djihadistes qui l’occupaient depuis un an. Mais, petit à petit, ceux-ci reviennenti. Le 18 janvier dernier, plus de 60 personnes ont été tuées dans un attentat à la voiture piégée à Gao contre un camp du MOC (Mécanisme opérationnel de coordination) réunissant ex-rebelles touaregs, ex-miliciens pro-gouvernementaux et armée, dans le cadre de l’accord de paix signé en 2015. Et ce 16 mai, un couple non marié a été lapidé « par des islamistes » près de Kidal, la « capitale » des Touaregs au Nord-Mali.

Quelque 1600 militaires français restent stationnés dans la région pour l’opération Barkhane, destinée à lutter contre les djihadistes dans le Sahel. Ils sont régulièrement pris pour cibles par des attaques d’islamistes; quelque 19 soldats français sont morts au Mali depuis 2013.

Accélérer l’effort

A Gao, le président Macron a annoncé une « accélération » de l’appui français au projet de force sahélienne mis en place par les pays du « G5 Sahel » (Mali, Burkina Faso, Niger, Mauritanie et Tchad), qui ont approuvé en mars le développement d’une force commune de 5000 militaires, policiers et civils. Mais, tout en promettant que la France « continuera à être engagée » pour « la sécurité non seulement du Mali mais du Sahel », le jeune chef d’Etat a exprimé le « souhait que nous accélérions » aussi l’application des dispositions de l’accord de paix de 2015.

Depuis des années, plusieurs accords de paix ont été signés entre les autorités maliennes et des rebelles touaregs, qui se plaignent de l’absence de développement du Nord-Mali. Mais les rébellions reprennent ensuite parce que les promesses ne sont pas respectées par Bamako. « On sait où sont les difficultés principales et ce que nous devons faire », a dit vendredi Emmanuel Macron. « Faisons-le sans barguigner ».

Le nouveau chef de l’Etat français a indiqué attendre que l’Europe – en particulier l’Allemagne, dont il vient de rencontrer la chancellière, Angela Merkel – qu’elle fasse davantage au Sahel, en particulier en matière de développement. L’amélioration des conditions de vie au Nord-Mali « est le meilleur antidote au développement du terrorisme islamiste », a-t-il assuré.

Que pensez-vous de cet article?