Législatives en Guinée-Bissau: victoire du parti historique, sans majorité absolue

Législatives en Guinée-Bissau: victoire du parti historique, sans majorité absolue

Le parti historique en Guinée-Bissau a remporté le scrutin législatif de dimanche, sans majorité absolue, mais il devrait pouvoir former un gouvernement grâce à des accords, selon les résultats annoncés mercredi par la Commission nationale des élections en Guinée-Bissau (CNE). Avec 47 sièges sur 102, le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) manque de peu lamajorité absolue, mais il a conclu mardi des accords avec de plus petites formations totalisant sept sièges, selon ces résultats provisoires qui devront encore être validés par la Cour suprême.

Le Madem-G15, formé par 15 députés frondeurs du PAIGC, qu’ils ont amputé de sa majorité dans l’Assemblée sortante, et le Parti pour la rénovation sociale (PRS, 41 députés), réputé proche d’une partie de la hiérarchie militaire, obtiennent respectivement 27 et 21 sièges.

Ces deux formations, qui ont également conclu un accord politique à la veille des résultats, devraient constituer un important blocd’opposition à l’Assemblée nationale, fort de 48 députés.

« Le vote s’est déroulé dans un climat pacifique. Il n’y a pas de contestation pour l’instant », a déclaré le président de la Commissionnationale des élections (CNE), Pedro Sambù, lors de la lecture des résultats par un responsable de la CNE, Soumaila Sané.

La population et la communauté internationale espèrent que ce scrutin contribuera à résoudre, et non à aggraver, la crise que traverse le pays depuis le limogeage en août 2015 par le président José Mario Vaz de son Premier ministre de l’époque, le chef du PAIGC Domingos Simoes Pereira, dont M. Vaz est pourtant issu.

Le rôle de faiseur de rois semble dévolu au Parti démocratique de Guinée-Bissau (APU-PDGB) de Nuno Gomes Nabiam, battu au second tour de l’élection présidentielle de 2017 par M. Vaz, dont les cinq sièges peuvent faire basculer la majorité absolue dans un sens ou dans l’autre.

Ce succès du PAIGC, s’il se confirme, pourrait conduire à une nouvelle confrontation avec M. Vaz, qui a marqué sa préférence pour lePRS, alors qu’une élection présidentielle est prévue d’ici à la fin du premier semestre, dans ce régime hybride faisant exception en Afrique de l’Ouest, où le présidentialisme est la norme.

« Rien ne dit que ces élections permettront de résoudre les problèmes qui minent le pays », avait prévenu en décembre le secrétaire généralde l’ONU, Antonio Guterres, rappelant que la future révision de la Constitution appuyée par la communauté internationale vise à clarifier les rôles respectifs des deux têtes de l’exécutif.

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