RDC : La primature au FCC. Jean Mbuyu nouveau favori

RDC : La primature au FCC. Jean Mbuyu nouveau favori

La République démocratique du Congo ne passera pas par la case informateur, comme l’avait pourtant laissé entendre Félix Tshisekedi, pour désigner son nouveau Premier ministre.

Par un communiqué succinct de 20 lignes (voir ci-dessous), signé par le coordonnateur du Front commun pour le Congo (FCC), Néhémie Mwilanya Wilondja, et Jean-Marc Kabund-a-Kabund, président (?) de Cach, les deux entités annoncent s’être mises d’accord pour avancer sur la désignation rapide d’un formateur qui sera chargé de constituer le prochain gouvernement.

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Le texte explique que les deux plateformes ont discuté deux jours durant (du 4 au 6 mars) pour arriver à la conclusion que « le FCC détient, de manière documentée, la majorité absolue à l’Assemblée nationale ».

Fort de ce constat, qui ne méritait certainement pas deux jours de négociations, le FCC aura la primature. En effet, largement défait à la présidentielle, le Front commun pour le Congo dispose de 341 sièges sur 500 à l’Assemblée nationale. Ce qui devrait d’ailleurs lui garantir aussi de disposer de la présidence de cette assemblée.

Ce constat correspond quasi mot pour mot à ce qu’affirmait déjà la semaine dernière André-Alain Atundu, le porte-parole de la majorité kabiliste quand il expliquait à nos confrères de Jeune Afrique : « Le président Tshisekedi n’a pas besoin de nommer un informateur, la majorité est bien identifiée et le futur Premier ministre sera issu des rangs du FCC. C’est la logique constitutionnelle. »

Le nouveau président n’aura pas gain de cause. Joseph Kabila ne cachait pas qu’il ne voulait pas d’un informateur. Il entendait bien montrer qu’il restait le maître du jeu mais sans chercher à humilier son nouveau partenaire qui, tout en ayant remporté la présidentielle, selon les chiffres de la Ceni, qui n’a toujours pas publié les p.-v. bureau par bureau, ne dispose que de 47 élus à l’Assemblée nationale.

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Les deux plateformes annoncent leur intention de « gouverner ensemble dans le cadre d’une coalition gouvernementale ». Cach devrait donc obtenir quelques maroquins ministériels mais les postes régaliens devraient revenir exclusivement aux membres du FCC, histoire pour la Kabilie de conserver la haute main sur la justice, l’armée, les Affaires étrangères, la police, les finances….

Le souci de Joseph Kabila est le même depuis qu’il a dû céder la présidence et accepter un mariage politique forcé. Il faut céder suffisamment de lest pour que le partenaire ne soit pas tenté par des aventures extraconjugales, sans céder trop pour ne pas apparaître faible au sein de sa coalition qui n’apprécie que très moyennement de devoir partager le pouvoir.

Reste la question du Premier ministre. Le poste semble devoir revenir à un Katangais. Ce bastion de la famille Kabila a mal vécu la perte du poste présidentiel et surtout le fait qu’il revienne à un Kasaïen. Jusqu’ici, les noms de Yav et de Yuma étaient donnés comme favoris. Kabila optant pour le patron des patrons congolais, tandis que le clan Tshisekedi avait une préférence pour Yav. Finalement, les deux favoris pourraient être coiffés par un troisième larron arrivé dans les arcanes du pouvoir dans les valises de Laurent-Désiré Kabila et de l’AFDL en 1997 : Jean « John » Mbuyu. Ancien avocat à Lubumbashi, il apparaît bien plus fréquentable que le boss de la Gécamines.

Jean Mbuyu, originaire du nord de l’ex-province du Katanga, avait été le directeur adjoint du cabinet de Laurent-Désiré Kabila avant de devenir le conseiller spécial en matière de sécurité de Joseph Kabila quand ce dernier succéda à son père en 2001.

Un poste qui fut ensuite occupé par Pierre Lumbi avant que celui-ci ne quitte le navire pour former le G7. Jean Mbuyu, qui fut un temps ministre des PME, récupèrera cet emploi, laissé vacant pendant près de deux ans, en février 2018.

Jean Mbuyu présente un profil idéal. Il est Katangais, c’est un personnage quasi « historique » de la Kabilie, un fidèle des fidèles, acceptable sur la scène nationale et internationale et il peut même se targuer d’une expérience ministérielle.

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