La Mauritanie dissout les trois quarts des partis politiques

La Mauritanie dissout  les trois quarts des partis politiques

Avec  AFP

Le gouvernement mauritanien a fait le ménage dans le paysage politique à moins de quatre mois de la présidentielle en annonçant la dissolution des trois quarts des formations, jugées insuffisamment représentatives, sur la centaine que compte le pays.

« Sont dissous de plein droit les partis politiques ayant présenté des candidats aux élections municipales de 2013 et 2018 et qui ont obtenu moins de 1% des suffrages exprimés au premier tour de ces élections ou qui se sont abstenus de participer à ces deux consultations », indique un arrêté du ministère de l’Intérieur.

On peut remarquer qu’une disposition similaire est utilisée par les Etats-Unis et une quarantaine d’autres pays pour considérer que la réélection du président vénézuelien Nicolas Maduro était illégitime.

76 parti éliminés

Fondée sur une loi de 2012, complétée en 2018, conçue pour limiter le nombre de partis politiques et permettre un financement adéquat à leurs activités électorales suivant leur poids politique, cette décision de dissolution concerne 76 formations, n’en laissant que 28 en activité, selon la même source.

La mesure ne concerne pas les principaux acteurs de la vie politique, en pleins préparatifs pour la présidentielle qui doit avoir lieu avant le 30 juin mais dont la date n’a pas encore été fixée.

Le parti au pouvoir, l’Union pour la République (UPR), a choisi le weekend dernier comme candidat le ministre de la Défense, l’ex-général Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, dit « Ould Ghazouani », un proche de l’actuel président Mohamed Ould Abdel Aziz. M. Aziz, qui selon la Constitution n’a pas le droit de briguer un troisième mandat, pourrait continuer à peser sur la vie politique, comme il en exprimé la volonté, en reprenant la direction de l’UPR après le scrutin, a confié samedi un dirigeant du parti majoritaire lors du congrès d’approbation de la candidature de M. Ould Ghazouani.

Opposition dispersée

L’opposition avance pour sa part en ordre dispersé. Alors que le député et militant antiesclavagiste Biram Ould Dah Abeid a déjà affiché sa volonté d’être candidat, les pourparlers en cours au sein du reste de l’opposition pour dégager une candidature « unique » semblent dans l’impasse.

« Nous continuons à travailler sur cette option, même si l’on sait combien ce sera difficile », a confié le weekend dernier un des dirigeants de la plateforme de l’opposition, Moussa Fall. « Il sera pratiquement impossible de désigner un candidat interne aux partis qui la constituent, tant les divergences d’ordre idéologique sont profondes. On peut dans le meilleur des cas s’entendre sur le soutien d’un candidat indépendant, ou bien chacun fera cavalier seul », a-t-il regretté.

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