RDC : Pour Monseigneur Utembi, « la vérité sera toujours la vérité »

RDC : Pour Monseigneur Utembi, « la vérité sera toujours la vérité »

L’archevêque de Kisangani, Monseigneur Utembi, est à Rome cette semaine, l’occasion pour celui qui est aussi le président de la Commission épiscopale nationale du Congo (Cenco) de faire le point sur Radio Vatican sur la situation qui prévaut en RDC depuis la tenue des élections législatives et présidentielle.

La radio du Vatican s’est ainsi intéresseé au fait que lors de chaque scrutin (2006, 2011 et 2018) les évêques congolais sont intervenus après le passage par les urnes pour émettre au moins des doutes sur le résultat de ce scrutin.

Pour Monseigneur Utembi : « Nous nous sommes engagés à accompagner le peuple congolais à travers l’éducation civique et électorale. Nous avons voulu qu’au bout de ce processus électoral, la volonté du peuple exprimée dans les urnes soit respectée. Malheureusement, force est de constater qu’en 2006, 2011 et aussi, je dois le dire fermement, en 2018, les choses ne se sont pas passées comme le peuple l’attendait. C’est une question de conscience. C’est une question de justice. Quand la justice est déstabilisée et remise en question quelque part, l’Eglise qui est appelée à défendre les valeurs, à défendre la moralité et l’éthique dans le comportement social, – cette Eglise – ne pourra jamais se taire hier, aujourd’hui et demain. »

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Et l’archevêque de Kisangani de poursuivre : « Nous pensons que la vérité est immuable. C’est une valeur immuable hier, aujourd’hui et demain. La vérité sera toujours vérité, comme le bien reste bien ; le mal reste mal, quand bien même il y a ceux qui s’évertuent à le commettre. Mais nous pensons que cette vérité qui est immuable, sera toujours notre lumière. Elle va nous éclairer dans notre comportement et même dans notre prise de position. Quand elle est déstabilisée, quand elle est remise en question par un camp contre un autre, l’Eglise ne cessera jamais de clamer haut et fort que la vérité reste la vérité ».

Sur l’attitude des politiciens en RDC, Monseigneur Utembi confie : « Il est un fait, que la plupart des politiciens sont des chrétiens. Et nous, comme pasteurs, nous sommes peinés de voir que des gens à qui nous avons insufflé des valeurs chrétiennes, des valeurs morales, ne puissent pas en vivre, ne puissent pas en témoigner dans leur environnement familial, surtout dans leur environnement social. Nous le déplorons. Evidemment, là où il y a des hommes, il y a toujours des hommeries et les antivaleurs vont continuer à faire leur chemin… »

Quant à connaître la position de l’Eglise catholique congolaise face à la décision de la Cour constitutionnelle d’avaliser la victoire de Tshisekedi : « Devant cette réalité, il y a trois considérations à faire : la considération d’ordre éthique, la considération d’ordre légal et la considération d’ordre pratique, je dirais même pragmatique. Sur le plan éthique, le bien reste bien et doit être annoncé. Le mal reste mal, le mensonge reste mensonge, la contre vérité reste contre vérité. La prise de position de la Cenco à l’issue de la mission d’observation électorale, prise de position selon laquelle les résultats proclamés par la Ceni différaient des nôtres, sur le plan éthique, nous avons la certitude morale que notre position rendue publique reste. L’Eglise doit défendre à tout prix les valeurs éthiques, les valeurs morales. Nous sommes cohérents avec nous-mêmes jusqu’au bout. Et ceux qui pensent que nous avons émis des données mensongères, qu’ils puissent les remettre en question, qu’ils nous prouvent le contraire avec des faits observables, avec des faits objectifs (…). Il faut publier les PV électoraux bureau par bureau pour permettre aux uns et aux autres qui sont intéressés, comme le prévoit la loi électorale, de pouvoir vérifier les données, pour lever les doutes. »

« La deuxième approche est d’ordre légal. Nous sommes des citoyens congolais, au même titre que les autres fils et filles de la République démocratique du Congo. Nous respectons les institutions prévues par la Constitution, et pour le cas d’espèce, nous avons la Cour constitutionnelle qui s’est prononcée à sa manière. Je ne voudrais pas entrer dans les détails, du moment que la Cour constitutionnelle a arrêté un verdict. Nous ne pouvons que nous plier bon gré mal gré, comme des loyalistes et nous devons le faire. La Cour constitutionnelle a confirmé les résultats du scrutin présidentiel, que pouvons-nous faire ? Nous nous plions devant ce verdict. »

« Troisième approche, c’est la considération pragmatique. Du moment que la Cour constitutionnelle a statué sur la situation de manière péremptoire, la République démocratique du Congo a un président, en la personne de Monsieur Félix Antoine Tshisekedi. S’il est proclamé président, il est président de tous les Congolais. Nous, les évêques, nous sommes aussi les Congolais.Et l’Eglise va jouer son rôle de mère et éducatrice, Mater et Magistra. Nous allons jouer pleinement ce rôle en accompagnant les institutions avec les moyens à notre disposition, en accompagnant le peuple congolais dans l’atteinte de ses aspirations les plus nobles. »

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