Libre opinion : L’UDPS est en crise: appel à la réconciliation autour des idéaux du parti

Libre opinion : L’UDPS est en crise: appel à la réconciliation  autour des idéaux du parti

Opinions Par Dominique Kabongo (Canada), Jean-Claude Bof Makenga (Belgique), Pierre Mbuyi (Belgique), Richard Ngabilo (Belgique), Aime –Patient Matondo (France), Fernand Mussamba (France) et Milambu Kiyoyo (Royaume Uni), de la dissidence extérieure des cadres de l’UDPS

L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) avait été créée à l’origine d’une part pour combattre et éradiquer l’absolutisme, ainsi que toutes les inclinaisons sauvages du régime de Mobutu, d’autre par pour préparer et mettre en oeuvre la restauration d’un régime de droit axé sur le respect des droits fondamentaux, la justice et la bonne gouvernance, aux fins de sortir la collectivité nationale des affres de l’obscurantisme. Mais elle n’a pas pu réaliser ce noble objectif au terme d’une marche politique de près de 40 longues années, caractérisées principalement par des sacrifices de toutes sortes de la part de ses dirigeants, de ses membres et partisans, mais surtout de la part de la population que le parti souhaitait délivrer des griffes d’un pouvoir prédateur.

Le contexte politique international, caractérisé par une géopolitique qui enfonçait le Zaïre dans un cercle infernal avait rendu les conditions particulièrement difficiles pour l’UDPS d’accéder et d’exercer le pouvoir conformément à ses idéaux.

Le remplacement du régime de Mobutu par celui de Laurent Désiré Kabila, et ensuite par celui de son fils Joseph Kabila, n’a rien modifié de substantiel aux conditions d’exercice de pouvoir. Ce nouveau régime est la reproduction de l’ancien, auquel on a greffé, en prime, un pouvoir neo-colonial négro-africain faisant office de substitut direct des pouvoirs oppresseurs traditionnels.

Le maintien de l’oppression politique a obligé l’UDPS à poursuivre la lutte dans des conditions plus difficiles, plus contraignantes et donc plus frustrantes.

La stagnation due à l’usure progressive et aux contraintes subies a entamé les esprits, occasionnant au fil du temps l’apparition de désaccords en son sein, de différends entre les dirigeants, de scissions et de dissidences qui ont désorganisé l’ensemble du parti, fragilisant ses organes et débouchant progressivement sur la déliquescence de ses structures, la quasi-désintégration et la dispersion des membres du corps politique et social que l’UDPS était censée conduire vers la lumière et la liberté.

Dans le contexte historique particulier d’une opposition menée dans un territoire représentant un enjeu majeur de géopolitique internationale, au milieu d’une population encore dominée politiquement par les schèmes d’un traditionalisme culturel de son passé, la continuité de la résistance de l’UDPS face à l’adversité interne et externe n’a pu tenir bon après 36 ans de combat politique que grâce à la volonté et à la détermination inébranlables de son leader charismatique Etienne Tshisekedi, et grâce à l’intériorisation progressive par la population des nobles desseins de celui-ci.

Devenu progressivement, par la force des choses, seul maître à bord, déifié par certaines couches de la population – grâce notamment à l’injustice manifeste encourue lors du scrutin électoral du 28 novembre 2011 –  Etienne Tshisekedi a pris un tournant à la suite de cet incident en évoluant vers un leadership de type personnel et autocratique qui a favorisé son accaparement et celui du parti par sa famille biologique, au fur et à mesure de sa prise d’âge.

Un nouveau type de leadership, devenu insidieusement familial, a permis aux membres de la famille biologique d’Etienne Tshisekedi de phagocyter le parti, de s’identifier et de se substituer à lui, mais aussi de nouer des accords et alliances contre nature, situés aux antipodes, non seulement des principes et valeurs fondamentaux qui ont motivé et justifié sa création, mais aussi des aspirations, espérances et souhaits d’une population réduite, par un pouvoir honni, à l’injustice et à l’impuissance.

La crise actuelle au sein du parti découle de cet arsenal de causes, mais particulièrement de la collusion politique établie par la famille biologique du président Etienne Tshisekedi avec le pouvoir absolutiste de Joseph Kabila, au moment précis où celui-ci était dans une situation inconfortable tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du territoire national.

La crise est aussi constatée au-delà de l’UDPS. En effet, l’élection de Félix Tshisekedi Tshilombo comme président de la République démocratique du Congo a surpris plus d’un dans la mesure où elle n’a pas fédéré la majorité des Congolais. Une certaine opinion pense, à tort ou à raison, qu’il n’y a pas eu d’élection en RD Congo mais plutôt des manœuvres politiciennes ayant abouti au choix de Félix Tshisekedi comme successeur de Joseph Kabila. Certes, les scrutins du 30 décembre 2018 étaient entachés de multiples irrégularités créant malheureusement de nouvelles divisions au sein de la population. Ces divisions menacent gravement l’unité du pays et la cohésion de son corps politique, durement acquises. Cette situation risque de faire perdre à l’UDPS et à la population congolaise toute entière les acquis politiques obtenus après une très longue lutte héroïque.

C’est pourquoi nous, dissidence extérieure des cadres de l’UDPS, considérant la gravité de la situation, conscients de notre responsabilité politique devant Dieu et devant l’histoire, avons décidé d’un commun accord d’organiser un travail de réflexion du 09 au 10/02/2019 à Bruxelles. Notre réflexion était consacrée principalement à l’analyse de la situation globale du parti et aux conséquences dramatiques du rôle joué par la famille Tshisekedi sur l’image, la réputation et la survie de l’UDPS sans oublier le pacte républicain auquel nous sommes liés.

Ainsi, après débats, avis et considérations, nous lançons un vibrant appel à tous les cadres et membres de l’UDPS pour un sursaut patriotique en vue de sauver la nation en danger, en conjuguant tous ensemble nos efforts. Nous les appelons à œuvrer pour la réconciliation de tous autour des idéaux fondamentaux de ce parti qui nous est très cher. Nous demandons à chaque membre de l’UDPS de poursuivre sans relâche la lutte pour l’instauration d’un État de droit démocratique au Congo, sans lequel les aspirations et le bonheur de notre peuple ne peuvent être garantis. Nous exhortons, enfin, l’ensemble de notre peuple et les dirigeants politiques à travailler à la concorde nationale, afin de mettre fin aux velléités de tribalisme. Le débat contradictoire sur la gestion de la République est un droit reconnu à tout citoyen congolais.

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