RDC : Les Etats-Unis jouent la carte Tshisekedi contre Kabila

RDC : Les Etats-Unis jouent la carte Tshisekedi contre Kabila

Les Etats-Unis ont pris les premières sanctions contre des responsables du processus électoral en République démocratique du Congo.

Les deux têtes de la Commission électorale nationale indépendante (Corneille Nangaa et Norbert Bashengezi) et leurs familles proches sont sanctionnées et privées d’entrer sur le sol américain.

Marcellin Mukolo Basengezi, conseiller du président de la CENI, et grand ordonateur de la négociation sur l’achat des machines à voter à la société sud-coréenne Miru Systems, est également touché. Il en va de même pour le président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku, et le président de la Cour constitutionnelle de la RDC, Benoît Lwamba Bindu.

RDC : Sanctions américaines contre Nangaa, Bashengezi,…

Les affaires étrangères américaines annoncent aussi, mais sans donner de noms cette fois que certains « fonctionnaires électoraux, ainsi que des responsables militaires et gouvernementaux soupçonnés d’être responsables, complices ou auteurs de violations des droits humains ou d’atteintes au processus démocratique en RDC » sont également sanctionnés.

Les Etats-Unis ciblent ainsi des affaires  de corruption ou de violence. Ils pointent certaines responsabilités dans le fiasco électoral congolais sans prendre le risque d’être taxés d’ingérence. Ils ne touchent en effet pas au processus électoral qui a été organisé par la Ceni et entériné par la Cour constitutionnelle, mais pointent des responsabilités dans le chef individuel des acteurs majeurs de cette élection.

Dans la suite de leur communiqué, les Affaires étrangères américaines annoncent que ces sanctions ne remettent pas en question leur future collaboration avec le « nouveau gouvernement élu » pour qu’il tienne ses promesses de lutter contre la corruption et pour la défense du respect des droits de l’homme.

Le texte ne parle pas de « président » mais bien de « gouvernement élu ». Ce nouveau gouvernement n’étant pas encore sur les rails, il est évident que c’est en pensant aux belles paroles de Félix Tshisekedi que ce dernier paragraphe est écrit. Les Etats-Unis confirment ainsi qu’ils veulent travailler à une amélioration en profondeur du fonctionenment du pays. Ils savent pertinemment que, seul, le président ne peut y parvenir car la constitution congolaise ne lui en donne pas les moyens.

En substance, les Etats-Unis mettent donc en garde le nouveau gouvernement à venir, issu des rangs de la majorité au parlement et donc de la plateforme de l’ancien président Kabila (FCC), qu’ils attendent des changements substantiels de sa part.

En sanctionnant les cinq individus issus de la Ceni, du Parlement et de la Cour constitutionnelle, les Etats-Unis pointent un doigt accusateur sur les principaux échelons qui ont permis d’aboutir à la fraude életorale massive en RDC. Les Etats-Unis démontrent ainsi qu’ils ne sont évidemment pas dupes des résultats annoncés. Mais ils laissent entendre à la Kabilie qu’ils peuvent fermer les yeux si le nouveau gouvernement s’engage à travailler sur la route esquissée par Félix Tshisekedi.

Pas certain que c’est ce qu’envisagent les membres du FCC qui se sont octroyés une substantielle majorité au parlement congolais. Le nouveau gouvernement n’aura donc pas carte blanche.

Ce communiqué est tombé quelques heures après que la présidence de la république congolaise ait diffusé des images de Félix Tshisekedi recevant, tout sourire; l’envoyé spécial des Etats-Unis pour les Grands Lacs, Peter Pham, ce qui accrédite la lecture du « nous sommes derrière Félix et nous attendons que le futur  gouvernement respecte les belles paroles de ce Monsieur… « même si les membres du gouvernement ont fait allégeance deux jours plus tôt à  Joseph Kabila.

Washington joue donc Tshsekedi contre Kabila. On prend les paris que Félix Tshisekedi sera bientôt invité à la Maison-Blanche ?

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