L’Afrique écrit son futur

L’Afrique écrit son futur

Les 19 et 20 mai, conférences, concerts, projections et débats vont doper les chantres de l’Afrofuturisme. rendez-vous à PointCulture et au Cinéma Nova.

Comme en 2016, Africa is/in the future va s’employer à prouver durant deux journées de conférences, projections et performances que l’anticipation n’est pas réservée aux geeks blancs rêvant de la Silicon valley. Le terme d’afrofuturisme, d’abord utilisé par des Afro-américains, a été adopté depuis une dizaine d’années par des auteurs et cinéastes d’Afrique du Sud, du Nigeria, du Zimbabwe, du Kenya ou du Ghana, comme l’auteur Jonathan Dotse qui imagine Accra en 2057 sur son blog AfroCyberPunk.

Une Afrique urbaine

Comme l’an dernier, le focus est avant tout mis sur les productions nées en Afrique même si l’événement s’ouvre aussi aux créations de la diaspora. « Notre volonté est de montrer l’Afrique dans sa modernité avec ses ancrages urbains afin d’abolir les idées reçues sur le cinéma africain », explique Rosa Spaliviero du cinéma Nova.

L’équipe de la rue d’Arenberg, à l’origine de la première édition, a été rejointe cette année par celle de l’asbl PointCulture qui s’est chargée d’élargir le champ d’investigation en faisant davantage de place aux débats et conférences. La combinaison des lieux – PointCulture pour les conférences en après-midi et le cinéma Nova pour les projections et concerts en soirée – souligne cette étroite collaboration à laquelle s’associent également le Goethe Institut et le CEC.

L’édition 2017 s’ouvre aussi à la musique, principalement urbaine puisque les défis à relever par la cité seront au centre de toutes les réflexions durant deux jours.
Vendredi dès 15h à PointCulture, Fabio Vanin (VUB) s’intéressera à la réponse que de villes comme Lagos, Luanda, Nairobi, Kinshasa, Durban ou Johannesburg apportent à leurs défis quotidiens en matière de gestion et de croissance. « Des problématiques face auxquelles citoyens et artistes font souvent preuve d’une inventivité qui contredit les poncifs associés au continent noir.

Suivront à 16h30 et 17h30 deux performances d’artistes. Au menu : un mix de sons du passé et de musique électronique avec « Afrika sound » de Rebel Up et la performance d’Ozferti, mêlant Tezeta éthiopien et Afrobeat nigérian.

Architecture et musique

A 20h, au Nova, on pourra suivre l’évolution du regard de trois cinéastes sur la ville de Kinshasa, de 1983 à 2015, avec « Kin Kiess » de Mweze Ngangura et « Kingelez » de Dirk Dumon, suivis à 22h de « The Tower » de Sammy Baloji et Fillip Deboeck. Soit trois visions d’une ville tentaculaire qui cherche sans cesse à se régénérer

Samedi, de 14h à 18h, trois conférences feront le point sur les notions d’afrofuturisme (avec la réalisatrice et artiste plasticienne Pascale Obolo* et le duo ghanéen-mozambicain Gato Preto), de science-fiction (15h30-16h30, avec la journaliste Oulimata Gueye) tandis que Jean-Christophe Sevrant, du mensuel « Géo », évoquera de 17 à 18h « L’Afrique entre futur et avenir ».

A 19h30, cap sur le Nova qui sondera, dès 20h, la musique d’Angola (Kuduro) et d’Afrique du Sud (Gqom), à travers deux films explorant ces genres musicaux tournés vers le futur. En prélude au concert de Gato Preto et son « Afropunk intersidéral » à 22h, sans oublier le DJset de Rebel Up à minuit.

Et comme c’est souvent autour d’une table que s’élaborent les meilleurs projets, il faut noter que le Nova ouvre sa table d’hôtes à tous ceux qui voudront discuter de ces modes d’expression africains qui imaginent si bien l’avenir. Rendez-vous est donc fixé samedi dès 19h30 à la rue d’Arenberg, avant les deux projections (20h) et les deux concerts (22h et minuit) du soir.

* Pascale Obolo est aussi la fondatrice de la revue en ligne Afrikadaan, revue francophone indépendante et gratuite dédiée à l’art contemporain africain.

  • L’illustration de cet article est une maquette de “Kin 3e millénaire” construite avec des matériaux de récupération et imaginée par l’artiste Kingelez. Une oeuvre qui est au cœur du documentaire de Dirk Dumon à voir vendredi à 20h au Cinéma Nova.
  • L’asbl PointCulture est située Rue Royale, 145 à 1000 Bruxelles; le Cinéma Nova se trouve rue d’Arenberg, 5 à 1000 Bruxelles

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