RDC: la police a fait disparaître 34 jeunes selon Human Rights Watch

RDC: la police a fait disparaître 34 jeunes selon Human Rights Watch

Vingt-sept hommes sont décédés et sept autres ont disparu entre mai et septembre derniers en République démocratique du Congo (RDC), lors d’une campagne contre la criminalité menée par les forces de sécurité congolaises, a dénoncé l’organisation de défense des droits de l’homme américaine Human Rights Watch (HRW) dans un rapport publié jeudi.

Les disparitions s’inscrivent dans une campagne anti-criminelle de la police congolaise nommée « Opération Likofi IV ». Elle visait des membres de gangs dans la capitale, Kinshasa, selon HRW, qui évoque une « campagne anti-criminalité abusive » ayant semé la terreur avant les élections du 30 décembre dernier.

« Human Rights Watch a constaté que des agents de police, souvent habillés en civil, ont appréhendé sans mandat des membres de gangs présumés, appelés kulunas, la nuit à leur domicile ou dans d’autres lieux. Dans de nombreux cas, la police a ligoté les victimes et leur a bandé les yeux, les a conduites vers des lieux non identifiés et les a tuées. Souvent la police a abandonné les corps des victimes près de leur maison tôt le lendemain matin. La plupart des victimes ont été étranglées dans une stratégie manifeste des autorités visant à détourner l’attention de la police », précise le rapport.

Selon HRW, « des sources gouvernementales ont indiqué que l’un des objectifs de l’opération « Likofi IV » (« coup de poing » en linguala, l’une des langues nationales en RDC) était de semer la terreur dans la capitale pour dissuader les manifestations en lien avec les élections. Ceci a eu lieu dans un contexte de répression plus large contre l’opposition politique et les activistes pro-démocratie dans le pays ».

« Likofi IV » n’est pas la première opération du genre. En 2014, l’ONG avait déjà dénoncé des meurtres de « kulunas » de Kinshasa commis par les autorités.

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