RDC : Un parfum de sanctions

RDC : Un parfum de sanctions

Contrairement aux attentes, le conseil des ministres européens des Affaires étrangères n’a pris aucune décision, cette semaine, au sujet d’éventuelles sanctions contre la R.D. Congo. Selon les informations obtenues par La Libre Afrique.be, la décision est renvoyée à plus tard.

Le 6 mars 2017, le conseil des ministres européens des Affaires étrangères avait rappelé qu’il était prêt à adopter de nouvelles sanctions ciblées contre les Congolais responsables de graves violations des droits de l’homme, d’incitation à la violence ou d’obstruction à une solution pacifique et consensuelle de la crise « qui respecte l’aspiration des populations de RDC à élire leurs représentants ».

Le 12 décembre 2016, l’Union européenne avait adopté des sanctions contre 7 personnalités congolaises impliquées dans des violations des droits de l’homme. Il s’agissait de quatre militaires et policiers impliqués dans la répression de la manifestation de l’opposition du 19 septembre et de trois civils influents faisant obstacle à une sortie de crise pacifique et consensuelle.

9 personnes sélectionnées

Selon les informations de La Libre Afrique.be, 9 personnes ont été sélectionnées en vue de nouvelles sanctions. Il s’agit de personnalités du premier cercle autour du président Joseph Kabila impliquées dans la répression de l’opposition; de personnalités plus éloignées ayant une responsabilité dans des violations des droits de l’homme ou dans les violences qui mettent des régions entières du Congo à feu et à sang (Kivu; Kasaï, Tanganyika, Kongo-central); de militaires impliqués dans des violations des droits de l’homme.

En 2016, le Bureau conjoint de l’Onu pour les droits de l’homme a enregistré une hausse de 30% des abus, par rapport à 2015, et leur expansion de l’est du pays – où elles sont concentrées – vers l’ouest.

Prouver qu’ils n’ont pas de « pouvoirs mystiques »

Au sujet de la crise au Kasaï – où l’Onu a découvert déjà 40 fosses communes et qui a provoqué 1,2 million de déplacés (et 20 000 réfugiés en Angola) – le gouvernement n’a guère avancé dans l’enquête promise et qui s’est limitée, jusqu’ici, à l’arrestation de sept soldats de rang inférieur, accusés d’avoir filmé le massacre de présumés rebelles « Kamwina Nsapu » par l’armée et dont la video s’est retrouvée sur Youtube.

Selon les informations de La Libre Afrique.be, ces soldats voulaient, en filmant le crime avec un téléphone portable, prouver aux populations locales et aux militaires en opération, que les rebelles kasaïens ne sont pas protégés par des « pouvoirs mystiques » et qu’ils meurent bien quand on leur tire dessus.

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