Sur ordre de la justice, le Malawi libère les quelque 250 enfants et adolescents détenus

Sur ordre de la justice, le Malawi libère les quelque 250 enfants et adolescents détenus

Les autorités du Malawi viennent de remettre en liberté les quelque 250 enfants et adolescents détenus dans les prisons du pays, en vertu d’un jugement rendu il y a six mois, a-t-on appris mercredi auprès de l’ONG à l’origine du procès. Ces 267 mineurs, incarcérés dans les deux prisons de Kachere et Bvumbwe, ont été transférés dans des centres spécialisés où ils sont libres, a précisé Victor Mhango, du Centre pour l’éducation aux droits de l’Homme (CHRE).

« Nous sommes très satisfaits que le gouvernement et l’administration pénitentiaire se soient conformés au jugement, les délinquants mineurs ne devraient pas être concernés par le milieu carcéral », s’est réjoui M. Mhango.

Le CHRE avait saisi la justice pour dénoncer les conditions de détention des mineurs dans les prisons du pays.

Dans son rapport 2016, l’inspection pénitentiaire avait qualifié la prison de Kachere de « désastre sanitaire en devenir », y déplorant notamment des manques criant de nourriture et l’état de délabrement des locaux.

En juillet 2018, un tribunal avait donné raison à l’ONG en ordonnant aux autorités de remettre en liberté tous les enfants et adolescents détenus au milieu d’adultes.

La loi malawite interdit, sauf cas exceptionnel, la détention provisoire des mineurs délinquants et leur condamnation à des peines de prison ferme. Ils ne peuvent, avant ou après leur procès, n’être qu’envoyés dans des centres spécialisés équivalents à des pensionnats.

Le Malawi en compte deux de 150 places chacun.

Faute d’une capacité d’accueil suffisante, nombre de délinquants mineurs étaient toutefois emprisonnés.

Selon le rapport annuel sur la population carcérale mondiale publié en 2018 par l’université de Londres, le Malawi affiche un des taux de détention des mineurs (7,7% de l’ensemble de ses prisonniers) les plus élevés d’Afrique.

« L’incarcération des mineurs constitue une grave remise en cause des sociétés et des systèmes judiciaires de notre région », a souligné Anneke Meerkotter, du Centre juridique pour l’Afrique australe, « elle viole la règle qui veut que l’intérêt de l’enfant prime dans toutes les décisions qui le concerne ».​

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