Un Centrafricain au moins torturé par des Russes

Un Centrafricain au moins torturé par des Russes

 
Les Nations unies ont ouvert une enquête sur des tortures infligées à au moins un civil centrafricain par des Russes à Bambari (République centrafricaine), rapporte l’AFP.

 
L’agence de presse, qui a pu consulter le rapport de l’Onu sur les faits, indique qu’un civil de Bambari a été accusé par la foule, au marché, d’être membre des milices musulmanes, dans ce pays plongé dans le chaos par des affrontements entre groupes armés. Des Russes en armes l’ont emmené dans leur base à Bambari, où il a été torturé durant cinq jours. Des photos de ses blessures – notamment l’auriculaire gauche tranché – accompagnaient le rapport. Ce dernier ajoute qu’il aurait eu la vie sauve après avoir été libéré, le 15 janvier dernier, par les Forces de sécurité intérieures (police et gendarmerie) de Centrafrique.
 
Selon le rapport, précise l’AFP, au moins 28 Russes seraient présents dans cette base. On ignore toutefois s’il s’agit de militaires ou de mercenaires. Des hommes armés des deux types se trouvent en effet aujourd’hui en Centrafrique.
 
Aides militaires officielle et mercenaire
 
Depuis un an, 175 instructeurs russes (170 civils et 5 militaires) sont en effet chargés officiellement de la formation de l’armée centrafricaine. En outre, Moscou vend des armes au gouvernement du président Faustin-Archange Touadera, qui appartient au camp « chrétien », depuis 2017, grâce à une autorisation du Conseil de sécurité de l’Onu. Enfin, ce sont des Russes qui assurent la sécurité du chef d’Etat centrafricain et son conseiller à la Sécurité est russe.
 
A côté de ces officiels, sont également présents des mercenaires russes, de la sulfureuse société Groupe Wagner, a dénoncé, le 23 janvier dernier, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, devant le sénat à Paris.
 
Cette société n’a pas d’existence officielle puisque les entreprises militaires privées n’ont pas d’existence légale en Russie – mais elle a suivi l’armée russe en Syrie, où elle est présente depuis 2015.  Elle a été fondée en 2014 par Dimitri Outkine, ancien officier des Renseignements militaires russes, originaire d’Ukraine, et est signalée dans le Donbass (est de l’Ukraine) depuis cette année-là. Selon Maghreb Confidentiel du 31 janvier dernier, le Groupe Wagner veut aussi aider le général Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen, à la tête de la milice « Armée nationale libyenne ».
 
Le Groupe Wagner serait financé par un oligarque proche de Vladimir Poutine, Evguéni Prigojine, nommément cité par M. Le Drian.
 
Morts mystérieuses
 
Le 15 avril 2018, un journaliste russe qui enquêtait sur le Groupe Wagner, Maxime Borodine, a été retrouvé mort à Ekaterinbourg, « tombé de son balcon ».
 
Dans la nuit du 30 au 31 juillet derniers, trois journalistes russes qui enquêtaient sur les activités du Groupe Wagner en Centrafrique et sur ses liens avec les richesses minières locales ont été mitraillés sur une route.

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