Armée française au Tchad: une présence quasi-permanente depuis 1960

Armée française au Tchad: une présence quasi-permanente depuis 1960

L’armée française, présente au Tchad de manière quasi permanente depuis l’indépendance du pays en 1960, a été amenée à intervenir à plusieurs reprises dans ce pays enclavé d’Afrique centrale.

– Accords de défense –

En 1960, le Tchad, ancienne colonie française, accède à l’indépendance. Des accords de défense sont signés entre Paris et le président François Tombalbaye.

Le nord du pays (Borkou-Ennedi-Tibesti – BET) reste toutefois sous administration de l’armée française jusqu’en 1965.

De 1968 à 1972, des troupes françaises interviennent pour la première fois dans le Tibesti (extrême nord) en proie à une rébellion armée, menée par le Front de libération nationale du Tchad (Frolinat). Une cinquantaine de soldats français sont tués lors de cette intervention.

En 1976, la France et le Tchad signent un accord de coopération militaire technique.

Deux ans plus tard, la France envoie quelque 2.000 hommes après la prise de Faya Largeau (nord) par les troupes rebelles de Goukouni Weddeye soutenu par la Libye.

Après avoir procédé à deux reprises, en 1979 et 1980, à l’évacuation de N’Djamena de plus de 2.000 étrangers, en majorité Français, les troupes françaises quittent le pays en 1980, conformément aux accords intertchadiens signés l’année précédente.

– Opérations « Manta » et Epervier » –

En 1983, la France apporte son soutien au régime du président Hissène Habré, au pouvoir depuis 1982, et déclenche l’opération « Manta » (jusqu’à 3.000 hommes) après l’intervention de forces libyennes aux côtés des partisans de Goukouni Weddeye. L’opération prend fin un an plus tard après un accord franco-libyen de retrait des troupes.

En 1986, l’armée française intervient de nouveau après une offensive rebelle contre le régime. Mise en place du dispositif « Epervier », à dominante aérienne.

– Aide décisive au régime Déby –

En février 2008, Paris renforce son dispositif militaire après une offensive rebelle massive sur N’Djamena, la plus importante depuis 1990.

Liée par des accords prévoyant notamment assistance logistique et renseignement, la France soutient le régime du président Idriss Déby Itno (au pouvoir depuis fin 1990, lorsqu’il a renversé Hissène Habré), menacé par une importante offensive rebelle sur la capitale.

Paris apporte une aide décisive aux forces loyalistes, notamment en tenant l’aéroport et en permettant leur ravitaillement en munitions mais dément toute participation directe aux combats. Plus de 1.200 ressortissants étrangers en majorité Français sont évacués par les soldats français.

– Aide militaire –

En 2014, est mise en place l’opération française « Barkhane » dédiée à la lutte contre les groupes jihadistes au Sahel avec cinq pays de la région. Cette force fusionne différents moyens militaires préexistants (Serval au Mali et Epervier au Tchad). L’état-major est installé à N’Djamena où la France dispose déjà d’une importante base militaire.

En 2015, la France affirme soutenir « de façon logistique et de façon opérationnelle » les forces africaines – tchadiennes notamment – engagées dans la lutte contre le groupe islamiste nigérian Boko Haram, en leur fournissant carburant et munitions.

– Frappes aériennes –

Début février 2019, des avions de combats français procèdent à deux reprises, à la demande des autorités tchadiennes, à des frappes à partir de Mirage 2000 contre une colonne de pick-up lourdement armée venue de Libye et composée de membres de l’Union des forces de la résistance (UFR), groupe armé à l’origine d’une tentative de putsch de 2008.​

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