RDC: qui a fait les passeports officiels des nouvelles élites?

RDC: qui a fait les passeports officiels des nouvelles élites?

Par Marie-France Cros.

Passeports trop chers, mal administrés, des bénéfices répartis de manière léonine… Les passeports congolais refont parler d’eux, alors que le nouveau président, Félix Tshisekedi, part en voyage dans la région avec une longue suite de nouveaux-venus.

Felix Tshisekedi est parti mardi en voyage en Angola, Kenya, Congo-Brazzaville et Ethiopie. Il a emmené une longue suite: trois ministres du gouvernement sortant, She Okitundu (Affaires étrangères), Crispin Atama (Défense), Jean Yav Mulang (Finances) et 24 autres personnes du cabinet de nouveau chef de l’Etat et de diverses catégories aux fonctions généralement non précisées – à l’exception, notamment, d’une « infirmière ».

Suspension de la délivrance de passeports

Une partie de cette suite étant nouvelle aux affaires, il lui a fallu des passeports. Demande en a été faite ce 30 janvier par le directeur de cabinet du président Tshisekedi, Vital Kamerhe, notamment pour 20 passeports diplomatiques, selon l’agence de presse congolaise privée APA, et 18 de service.

Or, indique la même source, la société qui fournit ces documents, Semlex, a suspendu la production de ce type de passeports il y a quelques jours en raison d’une dette de « plus de 2 millions de dollars » de factures impayées.

Parmi les plus chers au monde

Les passeports congolais – parmi les plus chers du monde – sont cause de scandale depuis 2017, quand l’agence Reuters avait révélé que sur les 185 dollars (175 euros) réclamés officiellement pour un passeport ordinaire (une somme qui vacouramment jusqu’à 300 dollars et plus en raison des pots-de-vin réclamés au citoyen par des fonctionnaires pour enregistrer et pour faire suivre sa demande, voire pour lui donner ensuite le document), l’Etat n’en recevait que 65. Le reste va pour moitié à une société enregistrée aux Emirats arabes unis détenue par une proche de Joseph Kabila, le Président sortant, et pour moitié à Semlex, basée à Uccle (Belgique). A titre indicatif, un passeport biométrique belge coûte 65 euros.

Le scandale avait été accru par le fait que le ministère congolais des Affaires étrangères avait, contrairement à l’usage, annulé les passeports en cours de validité le 14 janvier 2018 pour obliger leurs détenteurs à acheter un nouveau document.

En janvier 2018, le parquet fédéral belge avait ordonné une perquisition au siège de la société et au domicile de son patron, Albert Karaziwan, sur soupçon de blanchiment d’argent et de corruption – accusations réfutées par Semlex.

RDC : L’argent des passeports va à une société belge et à une proche de Joseph Kabila

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