Mozambique: un groupe minier britannique accepte d’indemniser des victimes d’exactions

Mozambique: un groupe minier britannique accepte d’indemniser des victimes d’exactions

Le groupe britannique Gemfields a annoncé mardi avoir accepté de payer 6,7 millions d’euros contre l’abandon d’une plainte en nom collectif initiée par les habitants de villages miniers du Mozambique l’accusant de meurtres et de violences.

« Gemfields confirme avoir signé un accord, sans reconnaissance de responsabilité, pour le règlement de toutes les plaintes déposées par des habitants du voisinage de la mine de rubis de Montepuez (MRM) », a indiqué le groupe dans une déclaration.

La société basée à Londres a obtenu en 2011 du gouvernement mozambicain une concession de 36.000 hectares autour de la ville de Montepuez, dans le nord du pays, pour y exploiter, jusqu’en 2036, un gisement de rubis.

La société MRM, détenue aux trois-quarts par Gemfields et pour le reste par un général mozambicain proche du régime de Maputo, a déclaré 350 millions de revenus depuis 2012.

Depuis des années, des ONG reprochent aux exploitants de ne pas avoir tenu leurs promesses d’aide aux communautés locales.

Elles les accusent en outre d’être à l’origine de nombreuses exactions (meurtres, tortures, incendies de maisons…) commises par la police et une compagnie privée de sécurité pour mettre un terme aux activités des mineurs illégaux.

Un total de 273 Mozambicains ont déposé, l’an dernier à Londres, une plainte en nom collectif contre Gemfields pour « graves violations des droits de l’Homme ».

Dans sa déclaration mardi, le groupe britannique a répété qu’il rejetait « toute responsabilité pour ces incidents » mais concédé que « des violences se sont produites autour des activités de MRM, avant et après (son) arrivée à Montepuez ».

L’accord signé entre les parties prévoit la compensation des victimes, le lancement de projets locaux de développement, notamment agricoles, et la mise en place d’un mécanisme de règlement des conflits entre MRM et la population.

« Nous pensons que cet accord satisfait au mieux les intérêts et l’avenir des parties », s’est félicité le PDG de Gemfields, Sean Gilbertson, ajoutant que son groupe souhaitait être considéré comme « un partenaire transparent et de confiance ».

L’un des avocats des plaignants, Daniel Leader, a souligné que l’accord « accordait des compensations significatives à (ses) clients ». « Ces incidents n’auraient jamais dû se produire », a-t-il toutefois rappelé.

Le police de Maputo a démenti toute exaction dans la région.​

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