Afrikän Protoköl : la joyeuse fusion du sax et du balafon

Afrikän Protoköl : la joyeuse fusion du sax et du balafon

Le groupe belgo-burkinabé sort un nouvel album, « Beyond the grid », étrenné en concert durant le mois de mai et dès ce samedi à Jette.

Il a suffi d’une rencontre, d’une étincelle pour que sax et balafon se mettent à jouer au diapason. Cette « première fois » remonte à quatre années déjà. Lorsque Guillaume Van Parys et Moïse Ouattara se sont « reconnus » au Burkina.

En visite au pays des hommes intègres, le saxophoniste belge se lie avec le percussionniste burkinabé. D’improvisations en concerts naît une amitié qui fait germer un projet de rencontre sonore, solaire et enjaillée : Afrikän Protoköl. Une formation de six musiciens qui célèbrent la rencontre entre les cuivres et les percussions. Envolées mélodiques jazzy et plaisirs rythmiques s’y marient avec d’autant plus de facilité qu’elles ont la même matrice : l’Afrique.

Après un premier EP conçu en 2013 et un album, « Freedom from the known », enregistré en studio en 2014, « Beyond the grid » sorti au début du mois de mai, vient redessiner un univers qui ne manque ni de personnalité, ni de pulsations. Si certains membres du sextet ont changé, l’esprit, lui, n’a pas varié d’un pouce.

Rythmer l’Afrique d’Ouest en Est

Ouvert aux vents de la création, le sextet alterne déclinaisons et improvisations pour tirer le meilleur parti de sonorités d’origines variées et concocter un mets roboratif et délicieusement épicé, sorte de fusion transcontinentale qui emprunte à la cuisine ses recettes les plus équilibrées.
A chaque morceau, son inspiration, traditionnelle ou non. « Moïse transpose les rythmes traditionnels sur la batterie pour leur donner une nouvelle couleur, un nouveau son », explique Guillaume Van Parys dans « Breaking Boundaries », le court métrage (visible sur Youtube) qui a retracé les débuts de cette aventure en terre africaine.

Si le projet est né au Burkina Faso, il s’ouvre à d’autres influences comme celle du Mali dans l’entêtant « Facing Death » célébrant l’un des rythmes fétiches de l’ethnie Sénoufo, ou celle de la Côte d’Ivoire avec l’énergique et endiablé « Gbégbé Fever », exceptionnellement composé à Bruxelles.

Rythmes bien balancés et sonorités mêlées composent un mets pimenté qui titille les papilles et aiguise les appétits : un régal sonore où les trois saxophones – un soprano, un alto et un baryton – s’en donnent à coeur joie. Un groove également porteur d’un message universel : le griot y incite son public à une plus grande ouverture d’esprit, au respect des plus faibles et au rejet de la violence.

Volutes de cuivres et panthère… rose

S’il fallait ne retenir que quelques mesures de ce très bel éventail sonore, on pointerait sans hésiter l’envoûtant « Kele Magni » aux superbes volutes de cuivres, dont le rythme et le phrasé entêtants font songer aux odes chers aux griots ; la carte postale sonore qui ouvre « Saharan Market » ou l’entame de « Walking Through » qui convoque le spectre d’une certaine panthère… rose.
La formation tire toute sa puissance d’expression du mariage des instruments et des sons, mais il ne faut pas oublier celui des voix qui vous entraînent bien loin de la grisaille (météorologique ou non) dans laquelle, trop souvent, notre quotidien nous enferme.

Sorti début mai, l’album s’étrenne déjà en concert à travers le pays. Une expérience à vivre ce samedi 13 mai à 16h45 sur la grande scène de « Jam in Jette » (concert gratuit dans le parc de la Jeunesse de Jette), mais aussi le 17 mai à Liège (Kultura), le 21 mai à Ittre (Heptone), le 24 mai à Gand (The Cover) et le 26 mai à Nil-Saint-Vincent (Cabaret chez Emile). L’occasion de voir dans leurs œuvres, ces six musiciens de talent : Frédéric Becker, Guillaume Van Parys et Yizih Yode, saxophonistes ; Zouratie Kone, percussionniste ; Achille Ouattara, bassiste et Moïse Ouattara, batteur.

CD Abozamé Records. Rens.: http://www.afrikanprotokol.be

Photo de  Milena Strange

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