Le Président réclame l’arrestation d’un policier qui a fait tirer à Lubumbashi

Le Président réclame l’arrestation d’un policier qui a fait tirer à Lubumbashi

Par Marie-France Cros.

Le cabinet du nouveau chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, a annoncé le défèrement devant la justice militaire d’un policier qui aurait ordonné d’ouvrir le feu, dimanche, sur des étudiants de l’Université de Lubumbashi qui sortaient d’une audience avec le gouverneur de la province du Haut-Katanga. On déplore quatre morts, selon le cabinet présidentiel, trois étudiants et un policiers.

Les étudiants avaient demandé au gouverneur le rétablissement de l’eau et du courant électrique, ainsi que l’annulation d’une hausse des frais académique décidée par le ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire du gouvernement sortant, Steve Mbikayi. Sur ordre du commissaire Bertin Yaweh, des policiers ont tiré sur les jeunes gens, notamment des lacrymogènes, pour les disperser – ainsi que cela avait été fait à Kinshasa il y a quelques semaines, là également avec des conséquences mortelles.

Le document présidentiel, rédigé par le directeur de cabinet, Vital Kamerhe, annonce le défèrement du commissaire devant la justice militaire, la suspension de la hausse des frais académiques et une audition du ministre Mbikayi « afin d’établir les responsabilités ».

Les meurtres ont provoqué des manifestations étudiantes avec barricades à Lubumbashi dimanche après-midi et, à nouveau, lundi matin. Ce lundi, cependant, les réclamations des étudiants s’étaient élargies: ils réclament désormais également la réduction du prix du transport en commun à 200 FC. En outre, ils chantaient des slogans hostiles au nouveau chef de l’Etat – malgré le ralliement du populaire « Baba » (papa) Kyungu à Felix Tshisekedi.
 
Lundi matin, les magasins du centre-ville de Lubumbashi étaient fermés, tandis que des pneux brûlaient sur certaines artères et que la police était à nouveau déployée. Dans l’après-midi, on notait un certain retour au calme.
 
Des protestations ont également eu lieu à Bukavu (Sud-Kivu, est du pays), où des centaines d’étudiants, apparemment dans l’ignorance de la suspension des frais académiques, ont manifesté lundi matin pour leur baisse, tout comme des étudiants à l’ISTA de Kinshasa et de l’ISTM à Isiro (Haut Uélé, nord-est).

Photos prises à Lubumbashi:

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