Burundi : La Chine à la rescousse du régime Nkurunziza

Burundi : La Chine à la rescousse du régime Nkurunziza

« Dieu est de notre côté, Dieu est dans notre camp. Notre ennemi n’arrivera à rien car celui qui me combat, combat Dieu », assurait le président burundais Pierre Nkurunziza lors du congrès de son parti, le CNDD-FDD, en juin 2016. Apparemment, c’est la Chine qui sera l’instrument de « Dieu ».

Alors que l’Union européenne et ses membres, dont la Belgique, ont suspendu leur coopération avec Bujumbura depuis un an, en raison de l’accumulation des violations des droits de l’homme, des discours encourageant la violence ethnique et du refus du gouvernement de dialoguer avec l’opposition pour trouver une issue à la crise, le vice-Président chinois Li Yuanchao était à Bujumbura, ces mercredi et jeudi, pour la première visite chinoise de cette importance depuis que les deux pays ont noué des relations diplomatiques, en 1963. « Nous allons continuer à fournir au Burundi des aides, aussi bien alimentaires que budgétaires, sans contrepartie », at-til déclaré en chinois, à l’issue d’un entretien avec le président Nkurunziza. M. Li n’a toutefois pas précisé le montant de ces aides.

« Respect de la souveraineté »

Li a justifié la position de la Chine par le « respect de la souveraineté nationale » et « la lutte contre toute ingérence extérieure » (qui n’ont cependant jamais empêché Beijing de faire pression sur les pays africains reconnaissant Taïwan pour qu’ils cessent de le faire), arguments également avancés pour refuser le vote de sanctions contre Bujumbura par le Conseil de Sécurité de l’Onu.

La Chine a accru son aide à Bujumbura ces dernières années, notamment pour la construction d’un grand palais présidentiel – on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre – mais aussi pour construire une centrale hydro-électrique, des routes et des écoles.

Manque de devises

En raison de la grave crise économique induite par la crise politique en cours, qui a encore appauvri le Burundi – mais pas ses dirigeants – les Burundais pâtissent du manque de devises, qui a créé une importante pénurie d’essence. Dans la capitale, le carburant n’est plus disponible qu’un jour sur deux et les stations qui disposent du précieux liquide sont rapidement vidées par l’afflux de véhicules venus s’approvisionner chez elles. Bien sûr, un marché noir s’est créé, où l’essence s’achète 6000 à 7000 F.Bu, contre 2100 F.Bu au tarif officiel.

Alors que la milice du parti présidentiel, les Imbonerakure, fait régner la terreur dans le pays, le régime Nkurunziza assure que « la paix est revenue au Burundi » parce que l’opposition a été réduite au silence par la violence. Celle-ci a fait de 500 à 2000 morts et 450.000 réfugiés dans les pays voisins, tandis que 3 des 11 millions de Burundais ont besoin d’une aide alimentaire en raison de la crise politique, aggravée par de mauvaises récoltes.

Bujumbura a néanmoins refusé l’entrée sur son terrtoire, fin avril, d’un convoi de dix camions du Programme alimentaire mondial (PAM), transportant 300 tonnes de nourriture, parce qu’il arrivait du Rwanda, pays avec lequel les relations se sont déteriorées depuis que le régime Nkurunziza essaie de créer au Burundi un conflit ethnique – qui n’a pas « pris » jusqu’ici – dans l’espoir de regrouper les Hutus autour du chef de l’Etat.

Le vice-Président chinois a promis une aide alimentaire de 5000 tonnes de riz.

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