Venezuela, RDCongo: deux poids, deux mesures

Venezuela, RDCongo: deux poids, deux mesures

Commentaire par Marie-France Cros.

Le hasard du calendrier met en relief de singulières incohérences dans la diplomatie internationale.

Mercredi, un député vébézuélien élu en 2015, Juan Guaido, s’autoproclamait “Président” du Venezuela et était immédiatement reconnu par les États-Unis et onze pays américains, après une élection présidentielle, en 2018, dont les principaux chefs de l’opposition avaient été exclus et dont plusieurs pays (dont les Etats-Unis et l’Union européenne) n’ont pas voulu reconnaître le « vainqueur », le président sortant Nicolas Maduro.

Jeudi, au Congo, Félix Tshisekedi, grâce à un tour de passe-passe sous les yeux de la planète entière, a prêté serment comme Président après avoir recueilli seulement 16,93 % des voix, lors d’une élection dont les principales figures de l’opposition avaient été exclues, mais il a été reconnu par diverses capitales qui avaient pourtant stigmatisé l’accumulation d’irrégularités dans le processus électoral, dont Washington.

Ces attitudes contradictoires reflètent-elles une inégalité de considération pour des Vénézuéliens et les Congolais ? Les premiers voient leurs classes moyennes fuir la misère créée par une crise économique sans précédent dans un pays largement développé. Les seconds étaient, il y a deux ans, 8 sur 10 à vivre sous le seuil de pauvreté absolue et, s’ils sont nombreux, aux périphéries de leur grand pays, à fuir les conflits armés chez les voisins, beaucoup ignorent même quelle route prendre pour partir.

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