Sibeth Ndiaye, Madame presse d’Emmanuel Macron

Sibeth Ndiaye, Madame presse d’Emmanuel Macron

Même face à des centaines de journalistes, venus des quatre coins du monde, au bord de la crise de nerfs et qui font le forcing pour franchir une grille, Sibeth Ndiaye ne craque pas. Elle garde le sourire, même. Prend ses listings, cherche, biffe, jongle avec les appels téléphoniques et trouve – ouf – une solution. “Allez, passez. Là, j’ai été sympa, quand même…” On ne va pas le nier. C’est d’ailleurs bien comme cela qu’elle est apparue aux yeux du grand public dans le documentaire de TF1 sur les coulisses de la campagne d’Emmanuel Macron. Diffusé lundi soir, il fait d’elle une révélation. La jeune femme de 37 ans, sénégalaise naturalisée française en 2016, est la chargée de communication du candidat d’En Marche, mais aussi son efficace complice.

Pendant ces 200 jours qui resteront dans l’histoire de France, elle a à la fois géré la horde de journalistes qui suivaient le candidat – on l’a même vue porter les micros pour les désespérés qui n’arrivaient pas à franchir la muraille de leurs collègues plumitifs – mais aussi accompagné au plus près Emmanuel Macron. C’est elle qui est au bord des plateaux télé lors des débats décisifs, sur le terrain lors des rencontres parfois houleuses avec les Français, dans les réunions stratégiques matinales – toujours avec le smartphone à l’oreille ou sous les doigts. Mais elle aussi qui appelle les journalistes, quand elle est “vénère” et qu’elle trouve qu’ils ont fait un travail “de sagouin” en rapportant les propos de son candidat. Elle enfin qui, à l’annonce des résultats au soir du 7 mai, a pu savourer la victoire de son patron, qui l’a remerciée en la serrant dans ses bras. Au fait, son prénom, Sibeth, signifie en diola  : “qui a gagné beaucoup de combats”

La jeune femme détonne avec ses tresses et ses Adidas bleues. Au cœur du système Macron, elle est l’une des rares femmes présente en permanence auprès du candidat-futur président  (avec la cheffe de cabinet Sophie Ferracci et son épouse Brigitte Macron).

Sur Twitter, elle se définit comme « geek en apprentissage, socialiste convaincue, fan d’ALM, tout est dit« .

Depuis lundi et a diffusion des coulisses de la campagne Macron, la Franco-sénégalaise est devenue une vraie star même si elle cherche la retenue à tout prix.

Dernière d’une fratrie de quatre filles, elle a grandi au Plateau, au centre de Dakar, dans un quartier aisé, une famille bourgeoise, pas très loin de l’Assemblée nationale. Son père, Fara, était le numéro deux du Parti démocratique sénégalais (PDS) d’Abdoulaye Wade (président de 2000 à 2012), qu’il a quitté en 1986 pour rejoindre l’équipe du président d’alors, le socialiste Abdou Diouf  Mais il demeure proche d’Abdoulaye Wade et, en 2000, lorsqu’il devient chef de l’Etat, la mère de Sibeth, Mireille Brenner, d’origine allemande et togolaise, occupe le poste de présidente du Conseil constitutionnel. Elle le conservera jusqu’en 2010.

Bref, la conseillère d’Emmanuel Macron a de qui tenir. En France, elle opte en 2016 pour la nationalité française. Aujourd’hui, tout le monde parie qu’elle sera parmi les principales conseillères du président et que l’Elysée lui tend les bras.

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