RDCongo : Le combat des Congolais pour la démocratie

RDCongo : Le combat des Congolais pour la démocratie

Editorial par Marie-France Cros

La déclaration de l’Union africaine, qui a demandé dans la nuit de jeudi à vendredi, la « suspension » de la proclamation des résultats définitifs des élections présidentielle et législatives du 30 décembre et annoncé l’envoi d’une délégation « de haut niveau » à Kinshasa, rebat les cartes au Congo, alors qu’il vit une situation tendue.

En cause: les malversations apparentes de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), après une campagne électorale perclue d’irrégularités en faveur du candidat kabiliste, Emmanuel Ramazani Shadary, si impopulaire que même les avantages illégaux dont il a bénéficié n’ont pu le mettre en selle. Et les soupçons d’accord secret entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi permettant de déclarer le second vainqueur s’il laisse au premier la réalité du pouvoir. Cette thèse a été confortée par l’annonce – sans preuves – faite par la Ceni d’une victoire écrasante des kabilistes aux législatives provinciales et nationales.

Le Congo est aujourd’hui un volcan qui gronde; explosera-t-il?

En dépit du danger, il nous semble important de souligner que la position de l’Union africaine est une victoire du peuple congolais. Si d’aucuns croient encore que « l’Afrique n’est pas mûre pour la démocratie », voici une population qui, bien qu’accablée de misère dans un pays riche, a rapidement compris qu’elle pouvait, par son vote, sanctionner ceux qui n’ont pas travaillé pour elle.

Quand les élections présidentielle et législatives de 2011 ont été marquées par des fraudes massives, rendant « non crédibles » ses résultats – qui prolongeaient officiellement Joseph Kabila au pouvoir – elle s’est préparée pour les suivantes. Quand le chef de l’Etat et ses affidés ont montré qu’ils voulaient s’incruster au pouvoir et ne pas organiser ces scrutins, elle est descendue dans la rue, encore et encore, y laissant chaque fois des morts, qui avaient fait face, mains nues, à des militaires et policiers de mieux en mieux équipés, la répression étant le seul secteur que le régime Kabila aura vraiment bien développé.

Et quand enfin ces élections sont arrivées, la société civile congolaise était prête à se défendre, pacifiquement, contre les nouvelles tricheries. Par des études d’experts, par des « fuites » incessantes depuis l’appareil du régime, par un vaste système d’observation (« Tous électeurs, tous observateurs ») qui a mis en échec la grossière falsification que tente à nouveau le camp Kabila. Son vote, plus que pro-Fayulu, est contre Kabila et pour l’alternance, que Tshisekedi n’a pas incarnée.

Un beau combat pour la démocratie!

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