Félix Tshisekedi : « La dépouille du président rentrera le 12 malgré les pressions »

Félix Tshisekedi : « La dépouille du président rentrera le 12 malgré les pressions »

Ce mardi 9 mai, la tension est rapidement montée devant le siège de l’UDPS… à trois jours de la date du retour du corps d’Etienne Tshisekedi.

Une centaine de policiers anti-émeute encerclaient mardi à Kinshasa le siège du parti historique de l’opposition en République démocratique du Congo, face auquel se consumait un véhicule de transport des troupes, à trois jours du rapatriement prévu de la dépouille de l’opposant historique Etienne Tshisekedi, a constaté un journaliste de l’AFP. A côté du véhicule calciné, une grande tente encore fumante se consumait également sous les arbres situés face au siège de l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (UDPS) dans la commune de Limete, à Kinshasa, selon ce journaliste qui a aussi constaté des traces de sang sur le sol.

La police « attaquée par l’UDPS »

Le commandant de la police de Limete a accusé « une cinquantaine de jeunes gens armés » d’être « sortis du siège de l’UDPS » à « 4h » du matin pour attaquer les policiers qui encerclaient le local. « Ils ont brûlé le véhicule et une tente, tabassé des policiers de garde, brûlé nos bureaux au commissariat et ont fait évader 28 détenus parmi les plus dangereux violeurs poursuivis par le tribunal pour enfants ». Selon lui, un agent « est décédé des suites de ses blessures ».

« C’est un montage » du pouvoir, « pour empêcher les travaux de construction » de la tombe d’Étienne Tshisekedi au siège de l’UDPS, a, de son côté, déclaré le porte-parole du parti d’opposition, Augustin Kabuya, joint au téléphone par l’AFP. « Nous n’allons pas céder à l’intimidation », a-t-il ajouté.

Enterrer « Ya Tshitshi » le 12 mai

Etienne Tshisekedi, figure historique de l’opposition en RDC depuis un demi-siècle, est mort le 1er février à Bruxelles à 84 ans des suites d’une embolie pulmonaire. Le 22 avril, son parti a annoncé le rapatriement de sa dépouille à Kinshasa le 12 mai pour être « inhumée au siège du parti », malgré l’absence d’un accord permettant une inhumation sur un terrain privé, interdite par la loi congolaise. Ce mardi en milieu d’après-midi, André Kimbuta, le gouverneur de la ville province de Kinshasa a annoncé le refus catégorique des autorités de la capitale d’autoriser cette inhumation sur un terrain privé, se retranchant derrière la législation, avant de terminer son courrier au secrétaire général de l’UDPS par : « Je vous fait remarquer cependant que pour permettre à la Police de faire correctement son travail, il vous faut fournir les détails sur le plan de vol, l’itinéraire à suivre par le cortège funèbre, la confirmation du lieu d’exposition, ainsi que le programme définitif de l’organisation mise en place… »

« Pressions sur les compagnies aériennes »

Pour Félix Tshisekedi, il ne fait aucun doute que « tout ceci fait partie de l’arsenal du pouvoir pour tenter de nous empêcher, nous, tous les Congolais, de pouvoir rendre l’hommage qu’il mérite au Président Etienne Tshisekedi. Tout le monde a compris que les actions violentes de la nuit qui sont reprochées à des membres de l’UDPS ont en réalité été montées par le pouvoir. Ce n’est pas la première fois. Souvenez-vous que nous avons déjà eu des morts dans notre QG lors d’un précédent incendie pour le moins étrange. Pour ce qui est du retour de la dépouille, on maintient le 12 mai quoi qu’il arrive. Le seul obstacle majeur, ce sont les pressions du pouvoir à l’égard des compagnies aériennes. Ces pressions existent. J’ai fait un Tweet hier pour essayer de calmer le jeu et d’éviter que des employés de certaines compagnies aériennes aient trop d’ennuis à Kinshasa, mais les pressions du gouvernement sont réelles. Pour l’instant, tous les feux sont au vert. »

Félix Tshisekedi, par ailleurs président du Rassemblement de l’opposition,  sait pertinemment que personne à Kinshasa, n’a oublié les images du retour de son père à Kinshasa au mois de juin dernier. Les centaines de milliers de personnes sur le trajet de son cortège ont donné des sueurs froides au clan Kabila. « Les Kinois voudront rendre un dernier hommage au président mais cela se fera pacifiquement. L’UDPS a garanti la sérénité de ce dernier voyage. Ce sont les gens du pouvoir qui ne cessent de jeter de l’huile sur le feu ».

(Avec AFP)

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