RDC : La mascarade a assez duré !

RDC : La mascarade a assez duré !

Commentaire par Hubert Leclercq

Joseph Kabila, le président congolais, est déjà entré dans le « Guinness Book des records » au titre de président au plus long quinquennat. Plus de sept ans au pouvoir avec un mandat de cinq ans, sans avoir pu revoir la Constitution. Et ce n’est pas fini ! Un nouveau report partiel du scrutin a été annoncé par le président d’une commission électorale nationale indépendante (Ceni) qui n’a d’indépendant que le titre. Corneille Nangaa, le président de cette institution, a annoncé, sans rire, que certaines circonscriptions électorales seraient appelées aux urnes pour élire le Président, les députés nationaux et provinciaux… au mois de mars 2019 alors que le verdict de la présidentielle sera annoncé le 15 janvier et que le nouveau président prêtera serment le 18 janvier. Du surréalisme à l’état brut qui pourrait susciter l’hilarité si le sort de plus de 80 millions d’âmes n’était pas lié à cette mascarade indécente.

RDC : Kabila prolongé au pouvoir par Corneille Nangaa

Au fil des ans, le pouvoir du président Kabila a confisqué tous les leviers de l’État. L’homme serait bien resté tranquillement à la tête de son pays si ses voisins et la communauté internationale n’avaient pas insisté pour qu’il ne tente pas le diable en se représentant pour un troisième mandat non autorisé par la Constitution. En dernière minute, le Président, grand seigneur, a donc annoncé qu’il ne se représenterait pas. Satisfecit général de ses voisins et de la susmentionnée communauté internationale qui, depuis cette annonce, paraissent sourds et aveugles, abandonnant le peuple congolais aux gesticulations du président de la Ceni qui refuse d’organiser de vraies élections. La “non-assistance à peuple en danger” est une notion qui n’existe pas (encore) dans l’arsenal juridique international. Se taire face au désastre qui se prépare en RDC n’est pas qu’une erreur de jugement mais un crime. Le peuple a martelé lors de cette campagne électorale qu’il voulait le changement. Il ne l’obtiendra pas par les urnes. Dès lors, il acceptera l’asservissement ou se rebellera avec la conséquence qu’on ne peut feindre d’ignorer.

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