RDC : le crash de l’Antonov peut-il mettre en danger l’élection du 30 décembre ?

RDC : le crash de l’Antonov peut-il mettre en danger l’élection du 30 décembre ?

Ce jeudi 20 décembre, un Antonov 26 a disparu du ciel congolais alors qu’il approchait de l’aéroport de Kinshasa.

« L’appareil de la société Gomair, affrété par la Ceni, revenait de Tshikapa et transportait 4 tonnes de matériel et non 400 kilos comme cela a été dit jeudi. Pourquoi utiliser un avions cargo pour 400 kilos, ça n’a pas de sens. L’avion est parti de Kinshasa le matin même pour aller chercher du matériel électoral dans le Kasaï », nous explique un ex-pilote de Kinshasa que nous avions joint jeudi soir. « Le matériel était à destination de la Ceni, ce qui pourrait évidemment avoir des conséquences sur le scrutin du 30 décembre, si cela se confirme », poursuit-il ce vendredi.

L’avion a disparu sans laisser de traces après un dernier contact avec la tour de contrôle de l’aéroport de Kinshasa qui l’avait autorisé à entamer sa descente pour se diriger vers la piste 06. Jeudi en soirée, le scénario évoqué était que cet appareil vêtuste et avec des instruments de bord très pauvres, avait dû s’abimer dans le fleuve ou dans une rivière, ce qui expliquait qu’il n’avait pas laisser de trace.

Ce vendredi, le scénario a évolué au fil de la journée avant qu’on annonce la découverte des morceaux d’épave et de six corps (trois Occidentaux et trois Africains) dans le Congo Central.

On sait que l’équipage était composé de quatre membres (le capitaine Masalov, le capitaine Alexandre, le copilote Guy, l’ingénieur de bord Tarasov) et d’un load master (Pierrot).  « Le scénario le plus crédible, c’est que l’avion s’est crashé par manque de carburant. Il faisait très mauvais, beaucoup de pluie. Pas de quoi rendre le vol dangereux mais une météo suffisamment mauvaise pour contraindre l’avion à de nombreuses petites déviations. Comme ces cargos emmènent souvent le strict minimum en kérosène pour être les plus légers possibles et pouvoir prendre un maximum de charge, l’Antonov a dû tomber en panne d’essence, ce qui explique qu’il n’y a pas eu d’explosion au contact du sol. Quant à savoir pourquoi il a disparu sans laisser de trace, il faut savoir que cet avion est dépourvu d’installation de tracking et de ELS (electronic localisation system) pourtant obligatoire. Ajoutez le fait qu’il n’y a pas de radar dans le pays et vous comprendrez qu’on peut facilement perdre la trace d’un avion ».

La compagnie Gomair appartient à Charles Deschrijver, un Belge considéré comme le « Monsieur aviation » de Joseph Kabila et deux autres associés Jean de Dieu Kakerezi (Gato) et Dieu Donné Bakarani. Tous font partie du cercle restreint des proches du président hors mandat Joseph Kabila.

D’autres avions appartenant à cette compagnie ont déjà été victimes d’accidents ces dernières années. « L’Antonov qui a disparu ce jeudi était en très mauvais état. Les pilotes se plaignaient de la fatigue des moteurs. Quand on voit ce genre d’appareil voler et qu’on entend les tracasseries que le pouvoir peut faire pour laisser venir des avions d’Afrique du Sud pour la campagne de certains candidats à la présidentielle, cela pourrait faire sourire si ce n’était pas si grave », conclut un de nos interlocuteurs.

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