RDCongo: une volonté délibérée de pousser le pays à la violence?

RDCongo: une volonté délibérée de pousser le pays à la violence?

L’Institut de Recherche en Droits humains (IRDH), basé à Lubumbashi, a dénoncé ce 20 décembre des irrégularités dans la campagne électorale – impunies – qui lui font croire « à l’existence d’une volonté délibérée, dans le chef de certainesautorités établies, de pousser le pays dans la violence ».

L’IRDH relève de « graves irrégularités dans la campagne électorale susceptibles de constituer la fraude électorale » et attire l’attention de la Ceni (Commission électorale nationale indépendante, réputée acquise au régime Kabila) sur le fait qu’elles sont reestées impunies.

Entraves à la campagne de l’opposition

Les chercheurs de l’Institut citent d’abord « l’entrave à la campagne des candidats de l’opposition par des autorités établies »: dispersion par la force, de rassemblements électoraux de l’opposition; or, l’article 29 de la loi électoralegarantit la libre organisation des rassemblements électoraux. Le 11 décembre, le gouverneur du Haut-Katanga, Célestin Pande Kapopo, a empêché le candidat d’opposition Martin Fayulu de battre campagne à Lubumbashi; or, l’article 211 de la Constitution charge la Ceni seule d’organiser le processus électoral. Le 19 décembre, le gouverneur de Kinshasa André Kimbuta Yango « a interrompu arbitrairement la campagne électorale » dans la capitale et ordonné à la police « d’escorter par force à sa résidence » M. Fayulu; or, selon l’article 25 de la loi créant la Ceni, seul son président peut requérir les forces de l’ordre, souligne l’IRDH.

Celui-ci citent également comme irrégularité « l’usage abusif des moyens et personnels de l’Etat » au profit du candidat à la Présidence du FCC (Front commun pour le Congo, coalition kabiliste), en violation de l’article 36 de la loi électorale, qui prévoit la « radiation de la candidature » bénéficiant d’une telle inégalité de traitement.

Incitation à la violence

L’IRDH souligne encore « la pratique de la violence et l’incitation à la violence » par des autorités en fonction, ce qui est contraire à l’article 34 de la loi électorale. L’Institut cite en particulier le gouverneur du Haut-Katanga, Célestin Pande Kapopo, qui a incité les jeunes du FCC à la violence lors d’une réunion: « …Vous avez peur de qui et de quoi? Comment les jeunes d’un parti peuvent scander le nom de leur leader et vous ne faites rien? (…) Il faut les en empêcher! Si on vous met au cachot le matin, le soir je vous fais libérer (…) Je suis au pouvoir, en province, et le président Kabila est au sommet. On ne vous fera rien. (…) Sinon, ils prennent le pouvoir, ils nous mettent tous en prison, vous et moi ».

Enfin l’IRDH dénonce l' »acquisition de cartes d’électeurs par extorsion, corruption ou ruse », de la part de « policiers, militaires et agents de renseignement », de manière « systématique ». Mais aussi la photocopie frénétique de cartes d’électeurs par des bureaux de campagne électorale et « des entreprises commerciales et minières », et la distribution publique d’argent aux électeurs. Trois élements qui permettent aux chercheurs de redouter une fraude sur les votes par dérogation.

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L’IRDH conclut à l’existence d’une volonté délibérée de pousser à la violence – des jeunes de manière directe et, de manière indirecte, en irritant l’opposition par un traitement injuste – qui pourrait avoir pour conséquence « l’interruption du processus électoral ».

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