Ryan Gossling, une star d’Hollywood photographie le Congo

Ryan Gossling, une star d’Hollywood photographie le Congo

On le connaît plus pour ses rôles à succès dans « La La Land » ou plus récemment « First Man », mais Ryan Gosling a une autre passion, la photographie, dont est né un livre sur la République démocratique du Congo.

L’acteur canadien de 38 ans connaît bien l’Afrique: cela fait une dizaine d’années qu’il oeuvre aux côtés de l’ONG Enough Project, qui entend mettre un terme aux atrocités perpétuées à travers le continent.

Marqué par ses séjours en RD Congo, il s’est associé avec le fondateur et directeur de l’organisation américaine, John Prendergast, et le militant congolais Fidel Bafilemba afin d’attirer l’attention sur la colonisation brutale du pays d’Afrique centrale.

Le livre « Congo Stories: Battling Five Centuries of Exploitation and Greed » aborde son histoire tortueuse, l’exploitation de ses minerais et ce que l’avenir lui réserve. Le tout illustré par les photos de Ryan Gosling.

« C’est l’histoire d’une résilience inébranlable, d’une volonté de ne pas se laisser abattre, et l’expression d’un espoir« , a témoigné l’acteur jeudi lors d’un salon du livre à Washington.

« Cet espoir émane de gens comme Fidel (Bafilemba) et Chouchou« , a-t-il ajouté, en référence à la journaliste et défenseure des droits des femmes Chouchou Namegabe, qui a également participé au projet.

Après un voyage dans le nord de l’Ouganda en 2008, Ryan Gosling et John Prendergast ont mis le cap deux ans plus tard sur l’est de la RDC, qu’ils ont sillonné en compagnie de Fidel Bafilemba.

« A l’époque, Ryan prenait simplement des photos comme quelqu’un qui n’avait jamais été à un endroit auparavant et qui souhaitait conserver une trace de ce qu’il voyait« , raconte à l’AFP le directeur d’Enough Project.

C’est à l’occasion d’un deuxième séjour dans le pays, des années plus tard, qu’a émergé l’idée d’un ouvrage regroupant les travaux respectifs des trois hommes.

Exploitation des ressources

« Congo Stories » conduit le lecteur à travers l’époque pré-coloniale, l’occupation belge, l’indépendance de 1960 et la situation actuelle sous la présidence de Joseph Kabila, dont le successeur sera choisi le 23 décembre lors d’une élection à risque.

Il brasse de nombreux aspects, de la vente d’esclaves envoyés travailler sur les plantations américaines à l’exploitation continue des nombreuses ressources naturelles du pays.

Caoutchouc et ivoire au début du siècle dernier, uranium pour développer la bombe atomique et, aujourd’hui, l’étain, le tantale et le tungstène utilisés dans les téléphones et ordinateurs portables, ou le cobalt essentiel aux batteries des voitures électriques.

Des conflits touchent toujours cet immense pays, notamment dans la province du Nord-Kivu, à sa frontière est, théâtre depuis plus de 20 ans de violences sanglantes entre milices, groupes rebelles et forces gouvernementales.

Pour John Prendergast, le livre ne lance pas seulement un « appel à la solidarité » envers la RDC, mais invite également le lecteur à « remettre en cause les arrangements économiques qui ont conduit à cette situation hors du commun de souffrance humaine« .

Le militant congolais Fidel Bafilemba espère ainsi voir les Américains « faire pression sur l’administration, le Congrès, le Sénat afin de demander des comptes aux dirigeants congolais corrompus« .

Il a également appelé, depuis Washington, à consommer moins de produits électroniques riches en minerais: « Je ne vous demande pas vos dollars. Juste que vos entreprises cessent de faire ce qu’elles ont fait en Afrique, et plus particulièrement au Congo ».

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