82 jeunes filles de Chibok échangées contre des détenus

82 jeunes filles de Chibok  échangées contre des détenus

Elles ont être reçues dimanche par le président du Nigéria, Muhammadu Buhari, malgré sa mauvaise santé: 82 jeunes femmes, qui figuraient parmi les 276 lycéennes enlevées il y a trois ans à Chibok (nord) par les djihadistes de Boko Haram, ont été libérées samedi, en échange de prisonniers issus de cette rébellion qui a fait allégeance au groupe Etat islamique.

Les 276 élèves, chrétiennes et musulmanes,  étaient réunies au lycée de Chibok pour y passer des examens, en avril 2014, lorsqu’elles avaient été “évacuées” de nuit par de faux militaires sous le prétexte d’échapper à une attaque de Boko Haram. En entendant leurs “sauveurs” crier “Allahu akbar!”, les lycéennes avaient compris leur méprise et une cinquantaine d’entre elles avaient sauté des camions et s’étaient échappées.

Les quelque 220 autres avaient disparu, sans que leur sort émeuve le président de l’époque, Goodluck Jonathan. Cette indifférence, couplée à la corruption de son régime et à l’inactivité de ce sudiste contre  Boko Haram – fléau sévissant essentiellement dans le nord musulman du pays –  avait coûté au chef d’Etat chrétien sa réélection en 2015. Son successeur, le nordiste Muhammadu Buhari, avait juré de “débarrasser la nation de la terreur” djihadiste

Celles de Chibok et les autres

Fin 2014, Boko Haram avait annoncé que les “filles de Chibok” avaient toutes été converties à l’islam intégriste et mariées de force. Certaines ont été tuées dans des bombardements de camps de Boko Haram par l’armée. Quelques-unes ont été libérées par celle-ci à l’issue d’opérations militaires et des contestations ont eu lieu sur l’origine “de Chibok” de jeunes femmes libérées par l’armée. Boko Haram pratique en effet largement le rapt de jeunes filles; mais, à cause de l’implication de Mme Obama dans une campagne “Bring Back Our Girls” (ramenez-nous nos filles) à la suite du drame de Chibok, seules celles enlevées dans cette localité ont semblé compter aux yeux des autorités nigérianes.

Un groupe de 21 d’entre elles avaient recouvré la liberté en octobre dernier, après une médiation de la Croix Rouge Internationale – non sans tension, les autorités locales refusant d’abord de rendre les jeunes femmes à leurs familles.

Ces retours ne sont pas sans problème: l’écolière est souvent rentrée chez elle mère d’un enfant et parfois accompagnée du “mari” qu’elle a fini par accepter. Et certaines autorités semblent les considérer comme complices plus que comme victimes.

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