RDC : Après ceux de Néron et Hitler, l’incendie de Kabila

RDC : Après ceux de Néron et Hitler, l’incendie de Kabila

Commentaire par Marie-France Cros

A une grosse semaine de l’élection présidentielle du 23 décembre, et après que des groupes de militants FCC (coalition soutenant le dauphin de Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary) appuyés par la police ont attaqué les cortèges venus accueillir le candidat de la coalition d’opposition Lamuka, Martin Fayulu, le ministre congolais de l’Information, qui occupe le même poste dans l’équipe de campagne de Shadary, Lambert Mende, a assuré cette semaine que « Fayulu est occupé à multiplier les incidents partout où il passe » parce qu’il « veut déstabiliser le processus électoral« .

C’est sûr que le processus électoral conçu par la Ceni (Commission électorale nationale indépendante, réputée acquise au président hors mandat Joseph Kabila) était bâti sur un autre scénario – piper les dés pour conduire à la victoire du candidat kabiliste – et que le succès populaire de Martin Fayulu déstabilise ces plans.

Reste que les Congolais et les observateurs ont du mal à croire, comme le suggèrent des tweets de cadres du régime, que l’incendie du dépôt de la Ceni est un acte attribuable à Martin Fayulu. Ce dernier était jeudi bloqué à Goma (est du Congo) sur ordre du régime, qui lui interdit de faire campagne désormais au Katanga. Car si les démonstrations éclatantes de sa popularité continuent à se multiplier dans cette région que Joseph Kabila veut revendiquer pour son dauphin (surnommé « petit poisson » par la rue kinoise), il sera impossible de faire croire que Shadary y aura remporté une éclatante victoire électorale.

Donc, depuis Goma – où il ne dispose d’aucune facilité, ce détour imposé n’ayant pas été prévu – le candidat d’opposition aurait ordonné l’incendie du dépôt de la Ceni parce qu’il est contre l’utilisation, pour les élections, de la machine à voter dont la Ceni a refusé l’examen du logiciel. Quel chef ce Fayulu! Il dispose ainsi dans la capitale d’une armée de super-Rambo, capables d’allumer, au nez et à la barbe de l’armée, un incendie situé dans un camp militaire, à côté d’une caserne de pompiers et entouré de membres de la garde présidentielle qui n’obéit qu’à Joseph Kabila!

Pesonne ne peut évidemment croire ce scénario qui fait inévitablement penser à l’incendie de Rome par l’empereur Néron, le 18 juillet 64, afin de justifier la répression des chrétiens, et à celui du Reichstag (le parlement allemand) par Hitler, le 28 février 1933, qui a justifié la suppression des libertés individuelles des Allemands et la chasse aux communistes.

Quels funestes événements faut-il encore attendre d’un régime sans vergogne et affolé par la perspective de sa chute?

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