Climat: le temps est à l’action, pas à la « lâcheté », plaident les nations vulnérables

Climat: le temps est à l’action, pas à la « lâcheté », plaident les nations vulnérables

Une cinquantaine de pays parmi les plus vulnérables au changement climatique ont appelé jeudi à l’action face au « risque d’extinction » de leurs nations, à la veille de la clôture prévue de la COP24, toujours divisée sur l’avenir de l’accord de Paris.

« Nous appelons toutes les parties à s’unir contre toute conclusion médiocre de la COP24 », a déclaré dans un message vidéo la présidente des Iles Marshall Hilda Heine, qui préside le « Climate vulnerable forum » (CVF).

Ce groupe informel représente plus d’un milliard de personnes dans 48 pays, Etats africains (Niger, Ethiopie, Rwanda…), asiatiques (Bangladesh, Vietnam, Népal…) et petites îles (Fidji, Vanuatu…).

« Nous représentons des nations, comme la mienne, qui risquent l’extinction », a insisté Mme Heine.

« Assez d’indifférence et d’inaction. Les décennies d’apathie et de procrastination doivent s’arrêter ici à Katowice », a déclaré lors de cette conférence de presse le commissaire au climat philippin Emmanuel De Guzman.

« Le monde, les enfants d’aujourd’hui jugeront vos actions en Pologne (…). C’est le temps du leadership, pas de la lâcheté », a-t-il ajouté.

Quelque 200 pays sont réunis à Katowice, capitale polonaise du charbon, pour tenter de donner vie à l’accord de Paris de 2015, qui vise à limiter le réchauffement à +2°C, idéalement +1,5°C, par rapport à l’ère pré-industrielle.

Face à l’alerte lancée récemment par les scientifiques du Giec, la COP24 se penche sur la question du rehaussement des engagements de réductions des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2020, mais l’appel du CVF jeudi témoigne du fait que de nombreux pays ne semblent pas prêts à relever leurs ambitions.

La communauté internationale doit également adopter les règles qui permettront l’application de l’accord de Paris. Mais à la veille de la fin prévue de la COP24, les négociations étaient toujours très tendues autour des questions de transparence (façon dont les pays rendent compte de leurs actions, leurs financements) ou du degré de flexibilité accordé aux pays les plus pauvres.

« Les émissions de CO2 continuent à augmenter, augmenter, augmenter. Et tout ce que nous semblons faire c’est parler, parler, parler », a déploré l’ancien président des Maldives Mohamed Nasheed, qui mène la délégation de son pays en cette fin de COP24, après des années de prison ou d’exil.

« Je dois dire que rien ne semble avoir changé. Nous utilisons toujours les même vieux mots, des mots de dinosaure. Nous soulevons toujours les mêmes questions fastidieuses », a-t-il dénoncé, avant de lancer un vibrant plaidoyer pour l’avenir de son pays.

« Nous ne sommes pas prêts à mourir (…) Nous ne serons pas les premières victimes du changement climatique. Au contraire, nous ferons tout ce qu’il y a en notre pouvoir pour garder la tête hors de l’eau ».​

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