De faux orphelins congolais adoptés en Belgique

De faux orphelins congolais adoptés en Belgique

Au moins trois enfants congolais, déclarés comme orphelins et adoptés en Belgique, ont encore des parents biologiques dans leur pays d’origine, a rapporté vendredi Het Laatste Nieuws. Après avoir été enlevés, ils ont été emmenés dans un orphelinat à Kinshasa où on leur a attribué de faux noms, explique notre confrère flamand.

Les parents adoptifs l’ignoraient

Le parquet fédéral belge a découvert que les enfants, arrivés en 2015 dans notre pays, avaient été enlevés. D’autres identités et dates de naissance leur ont été données, alors qu’ils n’étaient pas du tout destinés à l’adoption. Les parents adoptifs n’étaient au courant de rien, indique le journal.

Des reporters du Laatste Nieuws sont partis à la recherche des parents biologiques et les ont retrouvés. Ceux-ci ont expliqué avoir eu l’occasion d’envoyer, par le biais d’une organisation de jeunesse, leurs progénitures dans un camp, d’où ils ne sont jamais revenus. Floués, les parents n’avaient pas d’argent pour payer un avocat et n’ont pas non plus pu compter sur l’aide des autorités locales.

Selon les journalistes flamands, il semble que quelques hauts fonctionnaires locaux soient impliqués dans le trafic ou aient pour le moins décidé de fermer les yeux. Lorsque les autorités ont appris que des reporters se renseignaient sur l’affaire, ces derniers ont été interrogés durant trois jours, avant d’être libérés après l’intervention de l’ambassade de Belgique.

L’orphelinat de Julienne Mpemba

Les enfants enlevés provenaient de l’orphelinat de Julienne Mpemba, une juriste belgo-congolaise originaire de Namur qui a par le passé figuré sur une liste PS lors des élections. L’intéressée a été arrêtée l’an dernier en Belgique mais a été remise en liberté par la chambre des mises en accusation après un mois et demi d’attente d’un procès.

Depuis 2013, Julienne Mpemba et l’orphelinat sont par ailleurs associés, par des organisations de défense des droits de l’homme congolaises, à la disparition et à l’enlèvement d’enfants en bas âge.

« Les familles ne doivent pas s’inquiéter »

Cependant, dans la journée de vendredi, l’instance flamande qui accompagne les parents candidats à l’adoption a indiqué n’avoir n’a pas connaissance d’irrégularités concernant les trois dossiers d’adoption d’enfants congolais traités en Flandre. « Les trois adoptions effectuées par des familles flamandes datent de l’année 2015. A la fin 2013, un moratoire concernant les adoptions a été mis en place par le Congo et celui-ci est toujours en vigueur. Nous n’avons aucune indication d’un dysfonctionnement dans les dossiers des familles flamandes », a expliqué Ariane Van Den Berghe du centre flamand de l’adoption (VCA) qui dépend de Kind en Gezin, collabore à l’enquête et a arrêté sa collaboration avec l’orphelinat de Julienne Mpemba après l’arrivée des enfants.

Selon Leen Du Bois, porte-parole de Kind en Gezin, « les familles ne doivent pas s’inquiéter ».

De son côté, le parquet fédéral n’a fait aucun commentaire. « Tout ce que je peux confirmer, c’est que l’enquête est toujours en cours », a indiqué Eric Van der Sijpt. (Belga)

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