RDC : manœuvres illégales pour tenter de bloquer Fayulu

RDC : manœuvres illégales pour tenter de bloquer Fayulu

Deux des trois avions loués en Afrique du Sud par la plateforme Lamuka interdits de décoller d’Afrique du Sud pour la République démocratique du Congo

Depuis le 19 novembre, le pouvoir de Joseph Kabila, président hors mandat, a multiplié les manoeuvres d’abord pour entraver le retour en RDC de Martin Fayulu et tente désormais de bloquer sa campagne.

Après avoir été interdit de rentrer au pays avec son jet, les trois avions loués en Afrique du Sud pour lui permettre de se rendre dans les endroits difficilement accessibles ont été cloués au sol depuis le 23 novembre. Raison invoquée par l’administration congolaise ? La nécessité de se rendre dans le pays d’origine des appareils pour s’assurer de leur bon fonctionnement. Un argument fallacieux, ce type de contrôle n’étant prévu qu’en cas d’importation d’avion.

Avions de Fayulu bloqués, que disent les règlements…

Si un jet a fini par être libéré suite à ce « contrôle », « deux avions à hélices demeurent bloqués en Afrique du Sud sur ordre des services de sécurité afin de priver Martin Fayulu de la mobilité nécessaire », analyse Olivier Kamitatu, responsable de la communication de la coalition Lamuka. Une décision qui s’explique selon lui par « un début de campagne particulièrement réussi à l’Est du pays, où un accueil triomphal lui a été réservé à Beni et à Butembo« .

Au-delà du préjudice financier pour Lamuka et des complications logistiques induites (compagnies privées qui se désistent sous la menace, retards dans les étapes prévues), cette démarche fausse évidemment les règles du jeu. « Ce qui se fait là est totalement illégal, martèle Olivier Kamitatu. On ne peut empêcher un candidat de battre campagne. Et en l’absence d’Etat de droit, aucun recours n’est possible, malheureusement, sauf de faire connaître le plus largement possible ces agissements contraires à la loi électorale. »

Le retour de Kalev

Une fois de plus, dans ce dossier, apparaît le nom du patron des services de renseignement Kalev Mutond. « L’administration civile de l’aviation a donné son go pour le HS 127, le jet avec lequel Martin Fayulu s’est rendu à Goma. Là, il devait embarquer dans un avion à hélice pour se rendre à Beni », explique un professionnel du secteur aérien congolais. « Mais les avions ont été bloqués en Afrique du Sud. Du coup, Lamuka a dû affréter, avec difficulté, un avion d’une compagnie locale. La pression et les menaces de l’Etat congolais sur les propriétaires de ces compagnies sont inimaginables et le candidat a dû frapper à plusieurs portes avant de trouver enfin une compagnie qui soit d’accrd pour l’amener à Beni. C’est ce qui explique qu’il soit arrivé pratiquement à la tombée de la nuit sur cet aérodrome ». 

RDC : Fayulu privé d’avion, Katumbi accuse Kalev

Notre expert poursuit en expliquant que les deux autres appareils – à hélices – loués par Lamuka (un Embraer et un G2, chacun d’une trentaine de places) n’ont reçu l’autorisation des autorités congolaises pour décoller en direction du pays. « En fait, avant même de pouvoir donner son accord pour accueillir un avion sur notre territoire, l’administration civile de l’aviation doit avoir le feu vert de l’ANR, et c’est là que tout a bloqué pour ces appareils ».

Une campagne bien lancée

Tout le monde s’interrogeait sur la campagne du candidat Fayulu. En mettant le cap sur le nord-est pour ses premiers déplacements, le candidat de l’ouest (originaire du Bandundu élu de Kinshasa) jouait à quitte ou double. En cas d’accueil mitigé, sa campagne risquait d’être mal embarquée. Mais ce mercredi, à Beni et Butembo, la foule était compacte pour accueillir le candidat.

« Toute cette campagne s’apparente désormais à un référendum géant contre Kabila », explique un élu local. « Alors que shadary, le candidat du pouvoir, peine à mobiliser, comme ce jeudi à Mbandaka, dans l’Equateur, Fayulu draine des milliers de personnes sur son passage. Ce matin, sur la route qui relie Beni à Butembo, ils étaient des milliers à attendre son passage. Des jeunes ont fait une haie humaine pour sécuriser son parcours. Le candidat a même été obligé d’improviser un meeting à Kabasha à la demande de la population qui voulait l’entendre. »

Meeting improvisé à Kabasha.

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