« Prévoir des santions pour éviter de rater les élections du 23 décembre »

« Prévoir des santions pour éviter de rater les élections du 23 décembre »

Ed Royce, le président de la commission des Affaires étrangères des Etats-Unis a lancé un message clair à ses collègues de la chambre des représentants. Pour lui, « les États-Unis doivent s’engager pleinement en faveur du peuple congolais et de sa lutte pour choisir librement son prochain chef » et la piste de nouvelles sanctions contre les responsables actuels est sérieusement examinée au Congrès américain.

« Des élections attendues depuis longtemps en République démocratique du Congo sont prévues pour le 23 décembre 2018. Mais nous savons tous que la tenue d’élections ne suffit pas. Le président Kabila est déjà au pouvoir deux ans après son mandat constitutionnel. Et bien que je sois heureux qu’il se retire, la corruption du gouvernement Kabila va bien au-delà de la présidence. Les responsables gouvernementaux et les forces de sécurité continuent à utiliser leurs postes de pouvoir pour saper les élections et attiser l’instabilité », a lancé M. Royce, avant d’ajouter : « Les manifestations pacifiques ont été marquées par des actes de violence, des arrestations massives et même des actes de torture. De nouvelles informations faisant état d’abus et d’intimidation de journalistes et d’activistes par les forces gouvernementales apparaissent chaque jour. Entre-temps, des obstacles juridiques arbitraires ont empêché des candidats de l’opposition de premier plan de se présenter. Le gouvernement insiste pour utiliser des machines à voter non testées, ce qui rend les élections vulnérables aux manipulations. Pendant tout ce temps, le gouvernement continue à boycotter les efforts internationaux visant à soutenir les préparatifs des élections et à augmenter l’aide humanitaire, et continue de nier – face à des preuves sérieuses et croissantes – qu’il y a un problème ».

« Nous savons qui sont les responsables » 

« Plus de 4 millions de Congolais sont déplacés à l’intérieur du pays. Plus de 13 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire urgente, dont 7 millions en situation de grande insécurité alimentaire. Et une autre épidémie d’Ebola menace des milliers de personnes. Nous savons que les forces de sécurité gouvernementales sont responsables de violations horribles des droits de l’homme et de l’instabilité provoquée dans toute la RDC. L’année dernière, deux chercheurs ont été tués alors qu’ils enquêtaient sur des violations des droits de l’homme en RDC. L’un de ces chercheurs était un Américain. Le gouvernement continue de bloquer les efforts visant à mener des enquêtes approfondies et à demander des comptes aux individus. Cela ne peut pas tenir. Les États-Unis doivent s’engager pleinement en faveur du peuple congolais et de sa lutte pour choisir librement son prochain chef. Le projet de loi que nous examinons aujourd’hui est un appel à l’action. Cela exige de désigner clairement les personnes responsables d’atteintes à la paix et à la sécurité, d’entraves au processus démocratique, de violations des droits de l’homme et de corruption, afin qu’elles puissent être sanctionnées ».

« Monsieur le Président, nous avons déjà été témoins de cette triste situation en RDC. Nous avons vu l’instabilité et les conflits se répandre dans les pays voisins et affaiblir toute la région. Nous ne pouvons pas laisser ce cycle se poursuivre, et une élection manquée en décembre enflammerait certainement la violence. C’est pourquoi nous devons prendre des mesures décisives pour responsabiliser les individus et garantir des élections libres et équitables en décembre. J’exhorte mes collègues à soutenir cette mesure et je réserve le reste de mon temps. »

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